Vanity Fairme ta gueule

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J’ai enfin compris aujourd’hui pourquoi les français ne pouvaient pas blairer les anglais. Pourquoi on a fait la Guerre de Cent Ans. Pas à cause d’histoires de pouvoir, ou de trône. Non, non. A cause de pimbêches qui bossent pour le magazine de pimbêches Vanity Fair.

Ce matin, 7h45, je l’ai déjà un peu mauvaise de devoir faire un aller retour à Paris juste pour jouer un match de volley à Vélizy à 12h30. J’ai dormi 5 heures, je suis cannée, je n’ai qu’une envie, me mettre dans mon coin et dormir paisiblement jusqu’à Gare du Nord. Mais non. Ca ne se passe pas comme ça dans l’Eurostar. A l’aller le vendredi soir, vous avez les franchouchous qui vont faire du shopping le weekend à Londres, tout excités, les gamins qui braillent,  papa et maman qui leur hurlent dessus pour leur faire comprendre qu’ils ont prévu de passer 2 jours paisibles en famille, tout ça dans un train blindé de monde qui papote.

Mais un dimanche matin à 7h45, qui peut donc bien venir vous pourrir la vie? Il suffit de regarder le calendrier de la mode. Ça dit bien clairement : du 30 septembre au 8 octobre, collection ready to wear Spring Summer 2010. J’aurais dû me renseigner.
Je m’installe dans mon fauteuil, prête à savourer les 2h30 de sommeil sur lesquelles je compte beaucoup pour arriver à soutenir un quelconque effort physique plus tard dans la journée. Ipod à portée de main au cas où ma voisine serait un tantinet bruyante, petit déj bien calé au fond de l’estomac. Les quatre pimbêches s’installent dans le carré devant mon siège. Et je vais vivre le voyage en train le plus cauchemardesque de ma vie. J’avais lu il y a quelque temps qu’on testait la résistance des chats au sommeil en les plaçant sur une plaque instable entourée d’eau. S’ils se reposent, s’ils perdent leurs appuis un seul instant, la plaque bascule et c’est la noyade. On a testé ça pendant des jours sur les chats, sans qu’ils puissent dormir, jusqu’à ce qu’ils tombent dans un coma, glissent de la planche et se noient. Voilà, c’est à ça que j’ai pensé pendant 2h30. A quel point les pauvres chats devaient avoir envie de bouffer la terre entière de ne pas pouvoir dormir juste 5 minutes.

Au programme des réjouissances : beaucoup de temps passé au téléphone en parlant très fort, plus de temps encore à se disputer sur des détails de mode, mais surtout, surtout, à peu près une heure à débiner les mannequins qui défilent sur les podiums. Avec magazines à l’appui, s’il vous plait. C’est ça la mode, beaucoup de bruit pour rien. Je vais d’ailleurs immédiatement proposer ma définition au Robert, les autres sont complètement erronées.

Après 45 minutes d’un voyage harassant, ponctué de piaillements proches des ultrasons, j’ai une nouvelle surprise. Ce qui m’a tout l’air d’être le patron de ces dames décide de débarquer dans le coin avec une bouteille de champagne. Il est 8h30, tout va bien. C’est ça, la mode. Le gros lard se poste à côté de moi et entreprend de servir ces demoiselles et de discuter le bout de gras. Quinze minutes plus tard il est toujours debout a 5 centimètres de moi, il parle fort, il a beau travailler dans la mode il sue fort, et j’hésite à lui proposer de s’asseoir sur mes genoux. Puis je me rends compte tout à coup que nous avons passé le tunnel. Nous sommes en France. Après quelques coups d’œil rageurs bien remarqués mais sans aucun effet, je me lève, j’enlève mes écouteurs de mes oreilles, et je leur dis du ton le plus gentil que je puisse avoir avec les cernes que je trimballe : “Je sais pas comment c’est en Angleterre, mais chez nous, dans le train, on s’assoit et on la ferme”. Évidemment je n’ai pas eu un grand succès auprès de ces gentils faiseurs de tendances. Après tout, j’ai le cheveu en bataille, même pas de maquillage, je fais partie de ces gens qui n’ont vraiment rien compris à la vie. Effectivement mes interlocuteurs ont toute la panoplie qu’il faut : le it-bag, le it-boyfriend jean, l’it-Iphone, le it-look des gens qui ont beaucoup de problèmes très compliqués à gérer.

Je termine la discussion en leur précisant qu’ils travaillent juste pour un p….. de magazine, qu’ils ne sauvent pas des p….. de vies, et qu’un p….. de fashion show ne mérite pas tout ce bordel.

C’est aussi pour ça que les anglais ne nous aiment pas, on n’est pas très polis quand même.

K.

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Une Réponse à “Vanity Fairme ta gueule”

  1. annie dit :

    Vu le voyage je te trouve au contraire très polie avec les anglais, peut être parce que les anglais ne sont pas tous comme ça ???
    Et quand on pense qu’en plus vous avez perdu le match, la vie n’est pas juste……si, si le dimanche soir je regarde tous les résultats de mes volleyeurs préférés !

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