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Ma voisine de dessous c’est Madame Lavolée. C’est pas une blague.
Depuis l’année et demie que j’habite là, s’est installé lentement mais sûrement un climat de méfiance et de guerre froide entre nous. Petites saloperies mesquines de son côté, sourires figés du mien. Ah oui, je laisse aussi mes chats se faire les griffes sur son paillasson parce que je suis sûre que ça l’emmerde. Ils n’ont pour l’instant pas osé pisser dessus, les petits salauds.
La première fois que j’ai eu la visite de Mme Lavolée, c’était le jour de mon emménagement. Pas plus tard que ça.
Nous avions à peine fini de poser le dernier carton dans ma chambre que j’entendais le pas traînant et fourbe de la vieille. Tranquille, la mémé fait le tour de l’appart alors que je bois un thé avec les âmes charitables qui ont bien voulu m’aider à trimballer mes frusques. Quand elle débarque dans ma chambre, elle s’exclame tout naturellement “ah c’est joli ici, très lumineux!”. Rien de méchant jusque là, d’accord.
OK. Pendaison de crémaillère. Je mets un petit mot dans le couloir pour expliquer à tout le monde que je risque de faire du bruit, mais que tous les voisins sont les bienvenus (aucun n’est venu d’ailleurs, mais passons).
15h30, mémé Volée débarque chez moi pour m’expliquer qu’à la dernière soirée faite par mes prédécesseurs son mari est décédé d’une crise cardiaque. “Le pauvre homme, encore si jeune!”
Je commence à stresser pour ma soirée, en me disant qu’à peine emmenagé ce serait quand même assez malpoli de tuer la voisine. Tout ça c’était avant que je ne comprenne que j’avais affaire à la pire des emmerdeuses. Et qu’elle ne raconte que des conneries.
Deuxième soirée, moult coups de balais au plafond et pléthore de coups de sonnette à la porte, j’avais compris le truc.
J’avais bien remarqué que la vieille était un poil raciste. Le facteur noir, les indiens qui vivent dans ma rue, les jeunes un peu basanés qui passent en scooter, elle aimait pas trop ça. Au dixième coup de sonnette, après qu’elle ait essayé de m’attendrir en me disant que ses tableaux étaient sur le point de tomber du mur, j’envoyai mon pote le plus baraqué et le plus foncé qui soit sur place. Radical.
Je ne vais pas vous raconter toutes les petites piques lancées à la volée (ha ha), ni les discussions salées avec une autre voisine que j’entends depuis ma cuisine. Un rien suffit à l’occuper. Monter me voir deux fois par mois pour me dire qu’il y a une fuite dans mes toilettes, me donner les colis qui me sont destinés (qu’elle a récupéré je ne sais comment) en ayant bien pris le soin de les ouvrir pour vérifier leur contenu, etc… Parce que Mme Lavolée c’est un peu le CSA de l’immeuble. Ce qui se fait, ce qui ne se fait pas. Que ça la regarde ou non.
Cependant, pour la première fois dimanche j’ai enfin pu la prendre en défaut, la parfaite et bien-pensante Volée. Une petite odeur de brûlé dans l’immeuble, j’ouvre la fenêtre de la cour et je vois un nuage noir de fumée sortir de sa fenêtre. J’accoure, pas vraiment envie de voir mon précieux chez moi cramer à cause d’un Alzheimer de plus. Après cinq coups sur la porte, la Volée m’ouvre en robe de chambre, ebouriffée. “Mais ça brûle!”, me dit-elle, comme si j’y étais pour quoi que ce soit. Madame s’était endormie devant le tour de France avec un plat sur le feu.
Elle finit par me remercier, ajoutant que je suis très gentille. Je me retiens de lui dire qu’il ne faut pas y voir une quelconque bienveillance mais juste un léger intérêt pour toute ma vie, qui se trouve un étage plus haut.
Finalement, elle ne le sait pas, mais elle m’adore, la Volée. Elle s’ennuierait beaucoup trop sans moi.
K.
Tags : voisine
juillet 28, 2009 à 9:23
Heureusement, on est à peu près sûrs que La Volée ne connaît pas l’existence de Teenage K et qu’elle n’a pas d’ordi, sinon cette belle amitié serait tuée dans l’oeuf !!!
Quant à des représailles, un certain Bastos pourrait faire un sacré ménage chez elle s’il entrait par mégarde dans son appart …….. Non….. ça c’est vraiment en dernier recours ……
juillet 29, 2009 à 1:13
Tu aurais pu la laisser s’intoxiquer un poil plus longtemps, parfois ça touche les cordes vocales…elle ne l’aurait pas volé (ah! ah! ah!, je dois être la 2 millionième à la faire celle là). Courage jusqu’à la prochaine canicule.
mars 10, 2010 à 2:47
Perfect. teenagek.com rocks.