Oh my God!

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L’expérience de ce mois-ci : première visite de ma vie dans un sex shop.
Mais attention, pas le sex shop glauquissime de Pigalle avec ses étalages d’objets obscènes et ses écrans plats qui diffusent des scènes à vomir. Non, rien à voir. Ici, pas de mecs bizarres en pardessus, pas de strip teaseuse tenant la caisse en attendant l’heure de son prochain peep show. Pas non plus d’éclairage au néon, ni d’odeurs louches.

Mesdames et messieurs, et surtout vous mesdames, bienvenue dans l’antre du plaisir féminin, de la sensualité et du rose bonbon.

Ce week-end, j’avais pour mission d’acheter un cadeau d’anniversaire pour une très bonne amie. Qui dit très bonne amie dit “on peut tout se permettre entre nous”. Après un bon brunch au Loir dans la Théière, je me dirige donc, un peu apeurée, j’avoue, mais accompagnée d’un ami connaisseur, vers ce temple de la féminité, j’ai nommé Dollhouse, au beau milieu du Marais, pour un cadeau un peu particulier.

Devant la boutique, malgré sa devanture étonnamment classe et girlie, j’hésite encore un peu. Je regarde partout dans la rue pour être certaine de ne pas tomber sur un ancien patron ou mon grand-père par exemple, même si mon grand-père n’a rien à foutre dans le Marais un week-end. Mais passons.
Mon ami me pousse gentiment vers l’entrée, convaincu de m’ouvrir les portes d’un tout nouveau monde. Sous le nom de la boutique, leur tagline: “Jeux de filles”. Mouais. Pour moi les jeux de filles jusque là c’était plutôt mes entraînements de volley ou mes soirées arrosées entre copines…

En passant le pas de la porte, j’ai l’impression de me trouver dans une boutique de lingerie toute mimi. Tout est rose et noir, très chic, la musique est douce et bien dans l’air du temps, et surtout je suis immédiatement rassurée par ce qui m’entoure : des dizaines de nanas. Toutes ont dans les mains des objets colorés pour le moins étranges… Mais qu’est-ce que c’est que ces trucs? Il y a des plumes, du latex, du satin, du rose, du mauve, du noir, du doré, tout un univers qui éveille les sens. Des bougies sont allumées un peu partout, les vendeuses ont l’air avenantes et adorables. Des vendeuses adorables? A Paris? Eh ouais.

Je descends au sous-sol, et je tombe sur un grand étalage de dildos en tous genres. Curieuse mais pas téméraire, je n’ose pas m’en approcher, et encore moins y toucher. Une vendeuse s’adresse alors à moi très gentiment, me demandant si je cherche quelque chose de particulier. Comment vous dire mademoiselle… Si je connaissais déjà la moitié des objets je pourrais éventuellement commencer à formuler le début d’une réponse. Pour l’instant j’en suis encore au stade du nouveau-né.

Mon pote, comme un poisson dans l’eau, touche à tout, m’explique l’utilité de chacun des ustensiles, les met en marche, se marre, discute avec les vendeuses, pour au final prendre un dildo et me le mettre sous le nez en me disant “this is the one you need!”. Ah ouais, maybe, je sais pas moi. Le dildo en question est noir, lisse, un véritable objet d’art, et je me laisserais presque convaincre quand il me dit “I’ve never seen such a beautiful dildo in my whole life”. Je ne veux pas savoir.

Je finis par me décider à approcher une montagne de dildos, mais apeurée comme je suis par ce déballage de bizarreries, je fais tomber tout ce que je touche. Un double dildo fracasse le sol en tombant, j’essaie de le ramasser, le refais tomber, et finis par le reposer sans avoir vraiment compris comment ça marchait, cramoisie.
Et là je me rends compte que tout le monde autour de moi s’en contrefout. C’est à ce moment que je réalise à quel point le sex toy est passé dans les moeurs. Je regarde les gens dans la boutique : des petites nanas propres sur elles, des jeunes couples, des femmes d’une cinquantaine d’années, il y a absolument de tout.

Je me décomplexe alors enfin et finis par demander des conseils à la vendeuse. Celle-ci, toute heureuse que je me sois enfin décoincée, n’en finit plus de me montrer toutes les fonctions, les boosters 3ème génération, et je commence à m’intéresser à ce joli étalage.

Une heure plus tard, j’ai fait le tour de toute la boutique, je connais les noms de tous les modèles, leur usage, la façon de les nettoyer, et les différences entre les divers lubrifiants. Je ressors avec deux sacs, ravie. Mon pote me regarde d’un oeil amusé, il a l’air bien fier de lui.

Quelques minutes plus tard, dans le métro, je sens à mes pieds une vibration qui me remonte jusque dans le tibia. Mon sac noir et rose fait de drôles de bonds. Les passsagers me regardent, l’air de ne pas comprendre pourquoi je ne réponds pas à mon téléphone…
Je me cache derrière ma frange et attends impatiemment mon arrêt pour appuyer sur le bouton off de mon tout nouveau Smartvibes Booster modèle noir ébène.

K.

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Une Réponse à “Oh my God!”

  1. Dolly Prân dit :

    Super bien racontée, l’aventure, mais la fin est un pur régal !!!

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