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Je parie que pas un quart d’entre vous ne sait ce qu’est le Chanté Nwel.
Je ne vais pas faire la maline, moi-même je n’en avais aucune idée hier encore.
Alors voilà, le Chanté Nwel c’est une tradition antillaise bien sympathique qui consiste à se retrouver entre amis, en famille, comme on veut, pour célébrer un peu avant l’heure les fêtes de Noël. Tout simplement. Enfin presque. La difficulté consiste à chanter des chants religieux sur du zouk ou des tempos antillais. Très étrange tout ça, j’en conviens.
Pourquoi je vous parle de ça? Parce que j’ai assisté au premier Chanté Nwel de ma vie, et je vous assure, on en ressort un peu différent…
J’ai l’habitude de me coltiner pas mal de soirées pour de la promo dans mon boulot. Ce soir, donc, me voilà partie, toute pimpante dans ma robe noire, chaussures rouges aux pieds façon Dorothy, pour le Bataclan. Je devais y rejoindre sur place l’équipe antillaise d’un film (à aller voir d’ailleurs dès le 25 mars), histoire de faire parler un peu de nous auprès de la communauté.
En arrivant devant la salle, je me sentais un peu comme quand je passe devant le Titan ou l’Apocalypso: pas à ma place.
Tout le monde a l’air plus cool que moi, plus sympa, et surtout je dénote un peu avec mon teint blâfard de semaine et mes cernes sous les yeux. Les nanas sont ravissantes, grandes tignasses foncées, sourires géants et éclatants, fesses rebondies. J’ai l’impression d’être la bonne grosse normande qui s’est trompée d’adresse. Les vigiles me regardent comme si je n’étais pas là, ils ne me regardent pas, donc. Par bonheur je repère mon contact sur place, qui s’empresse de me faire entrer.
Dans le hall, j’entends déjà de l’autre côté des portes battantes le brouhaha d’une foule pleine de bonne humeur. Et en poussant effectivement les portes, je me retrouve plongée aux Antilles. Je n’y ai jamais mis les pieds, mais c’est exactement comme ça que je les imagine. Concert antillais, tout le monde se dandine, mange, boit du punch. On me tend à l’entrée de la salle un petit livret blanc contenant les précieuses paroles des chansons qu’il faudra bientôt tous chanter en choeur. Je n’ai jamais été fan des chants religieux, mais à en juger par l’ambiance, on se rapprocherait plus d’une église orthodoxe chantant du “Happy day, when Jesus washed my sins away” que d’un pauvre Ave Maria chevrotant.
Mais j’étais encore loin du compte. Je rejoins mon équipe de film, tout sourire comme d’hab, et me voilà cette fois vraiment plongée dans un autre monde. Le présentateur parle à moitié français à moitié antillais, je n’y comprend pas grand chose mais je commence à avoir la banane, je ne sais même pas pourquoi. Tout le monde est de si bonne humeur.
Je finis par faire comme tout le monde, je me jette plus ou moins sur le buffet (avec une grande distinction quand même), et aux premières bouchées de brochettes de poulet le sang me monte à la tête, ma langue se consume littéralement dans ma bouche.
Montent sur scène un chanteur et ses choristes, une dizaine de musiciens, et c’est parti pour deux heures de chansons.
Je quitte la soirée la bouche en feu, les hanches qui me démangent, et d’une humeur absolument merveilleuse.
Je l’aurai eu mon Noël finalement. Un peu en avance, certes, mais putain ça valait le coup.
K.
décembre 20, 2008 à 11:57
Moi, cette lecture m’a donné la patate !!!
janvier 5, 2009 à 9:03
Je serai bien venue avec toi à ce Nwel, pani problem becos