A voir absolument…

novembre 16, 2009 par teenagek

Les Chats Persans, de Bahman Ghobadi, ou la découverte de toute une génération iranienne qui nous ressemble étrangement…
Le 23 décembre au cinéma.

Rien à ajouter.

Vanity Fairme ta gueule

octobre 4, 2009 par teenagek

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J’ai enfin compris aujourd’hui pourquoi les français ne pouvaient pas blairer les anglais. Pourquoi on a fait la Guerre de Cent Ans. Pas à cause d’histoires de pouvoir, ou de trône. Non, non. A cause de pimbêches qui bossent pour le magazine de pimbêches Vanity Fair.

Ce matin, 7h45, je l’ai déjà un peu mauvaise de devoir faire un aller retour à Paris juste pour jouer un match de volley à Vélizy à 12h30. J’ai dormi 5 heures, je suis cannée, je n’ai qu’une envie, me mettre dans mon coin et dormir paisiblement jusqu’à Gare du Nord. Mais non. Ca ne se passe pas comme ça dans l’Eurostar. A l’aller le vendredi soir, vous avez les franchouchous qui vont faire du shopping le weekend à Londres, tout excités, les gamins qui braillent,  papa et maman qui leur hurlent dessus pour leur faire comprendre qu’ils ont prévu de passer 2 jours paisibles en famille, tout ça dans un train blindé de monde qui papote.

Mais un dimanche matin à 7h45, qui peut donc bien venir vous pourrir la vie? Il suffit de regarder le calendrier de la mode. Ça dit bien clairement : du 30 septembre au 8 octobre, collection ready to wear Spring Summer 2010. J’aurais dû me renseigner.
Je m’installe dans mon fauteuil, prête à savourer les 2h30 de sommeil sur lesquelles je compte beaucoup pour arriver à soutenir un quelconque effort physique plus tard dans la journée. Ipod à portée de main au cas où ma voisine serait un tantinet bruyante, petit déj bien calé au fond de l’estomac. Les quatre pimbêches s’installent dans le carré devant mon siège. Et je vais vivre le voyage en train le plus cauchemardesque de ma vie. J’avais lu il y a quelque temps qu’on testait la résistance des chats au sommeil en les plaçant sur une plaque instable entourée d’eau. S’ils se reposent, s’ils perdent leurs appuis un seul instant, la plaque bascule et c’est la noyade. On a testé ça pendant des jours sur les chats, sans qu’ils puissent dormir, jusqu’à ce qu’ils tombent dans un coma, glissent de la planche et se noient. Voilà, c’est à ça que j’ai pensé pendant 2h30. A quel point les pauvres chats devaient avoir envie de bouffer la terre entière de ne pas pouvoir dormir juste 5 minutes.

Au programme des réjouissances : beaucoup de temps passé au téléphone en parlant très fort, plus de temps encore à se disputer sur des détails de mode, mais surtout, surtout, à peu près une heure à débiner les mannequins qui défilent sur les podiums. Avec magazines à l’appui, s’il vous plait. C’est ça la mode, beaucoup de bruit pour rien. Je vais d’ailleurs immédiatement proposer ma définition au Robert, les autres sont complètement erronées.

Après 45 minutes d’un voyage harassant, ponctué de piaillements proches des ultrasons, j’ai une nouvelle surprise. Ce qui m’a tout l’air d’être le patron de ces dames décide de débarquer dans le coin avec une bouteille de champagne. Il est 8h30, tout va bien. C’est ça, la mode. Le gros lard se poste à côté de moi et entreprend de servir ces demoiselles et de discuter le bout de gras. Quinze minutes plus tard il est toujours debout a 5 centimètres de moi, il parle fort, il a beau travailler dans la mode il sue fort, et j’hésite à lui proposer de s’asseoir sur mes genoux. Puis je me rends compte tout à coup que nous avons passé le tunnel. Nous sommes en France. Après quelques coups d’œil rageurs bien remarqués mais sans aucun effet, je me lève, j’enlève mes écouteurs de mes oreilles, et je leur dis du ton le plus gentil que je puisse avoir avec les cernes que je trimballe : “Je sais pas comment c’est en Angleterre, mais chez nous, dans le train, on s’assoit et on la ferme”. Évidemment je n’ai pas eu un grand succès auprès de ces gentils faiseurs de tendances. Après tout, j’ai le cheveu en bataille, même pas de maquillage, je fais partie de ces gens qui n’ont vraiment rien compris à la vie. Effectivement mes interlocuteurs ont toute la panoplie qu’il faut : le it-bag, le it-boyfriend jean, l’it-Iphone, le it-look des gens qui ont beaucoup de problèmes très compliqués à gérer.

Je termine la discussion en leur précisant qu’ils travaillent juste pour un p….. de magazine, qu’ils ne sauvent pas des p….. de vies, et qu’un p….. de fashion show ne mérite pas tout ce bordel.

C’est aussi pour ça que les anglais ne nous aiment pas, on n’est pas très polis quand même.

K.

Le Piano

septembre 29, 2009 par teenagek

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Cela fait presque 15 ans que je n’ai pas entendu ma mère jouer du piano.

Je me souviens de ces heures passées à l’écouter, sagement assise sur le canapé du salon, pendant qu’elle s’exerçait en gammes sur le clavier en touches ivoire et ébène. De longues heures, à l’époque, car ma mère adorait son piano. Elle s’agaçait quand après quelques semaines sans y avoir touché elle se rendait compte qu’il était désaccordé. Un monsieur venait réparer tout ça et c’était reparti pour de grandes après-midi pleines de mélodies. J’étais sa plus grand fan. A 12 ans, ma plus grande fierté était de pouvoir dire que ma mère avait fait le conservatoire et qu’elle jouait divinement bien du piano. Je ne me lassais jamais de lui faire faire des démonstrations de ses talents auprès de mes copines venues me voir à la maison.

Les doigts courant sur le piano, ça m’absorbait, m’hypnotisait, et me laissait sans souffle une fois le morceau terminé. Ces moments-là étaient magiques à mes yeux, comme si elle pouvait s’exprimer sans passer par les mots, en déversant directement dans mes oreilles adolescentes toute la quintessence de sa vie de femme.

Me voyant accrochée à mon canapé pendant des heures à la regarder, ma mère pensa bon de vouloir m’inculquer quelques bases. Je pris donc place sur l’autel, ce mythique tabouret maternel, vieillot avec son bois clair et son cuir camel défoncé. Et après quelques jours plus ou moins intensifs (ma paresse n’avait d’égale que ma versatilité…), je me rendis à l’évidence : je n’avais aucun talent. Et avouons-le, pas la moindre envie de passer des jours entiers assise sur un tabouret, comme punie, au coin, les doigts raidis à force d’exercices. Je décidai donc de rester spectatrice, rôle pour lequel je me sentais plus destinée.

Quelques années plus tard, ma mère arrêta de jouer du piano. Trop de soucis, pas assez de temps. Cela se fit lentement, comme une agonie. Elle s’accordait de moins en moins de temps pour elle, pour ses petits plaisirs. Au début il y eut encore quelques exercices, qui se firent rares. A chaque fois qu’elle soulevait le feutre rouge couvrant les touches, je la voyais peu confiante, les doigts ankylosés, reprendre depuis le début des morceaux qu’elle maîtrisait parfaitement quelques années plus tôt. L’impatience se faisait sentir quand au bout de trente minutes elle n’arrivait plus à se concentrer suffisamment et devait repartir s’occuper de la maison, de la cuisine, des chambres. Jusqu’à l’abandon complet.
Je vis peu à peu avec tristesse l’énorme piano se transformer en un vulgaire meuble, puis en nid à poussière. De temps en temps, je l’ouvrais pour tenter de lui redonner vie, pressant maladroitement quelques touches qui sonnaient toujours faux. Après quelque temps j’en vins à me faire à l’idée que le piano était sans doute mort, laissé à l’abandon, cadavre de bois renfermant mes rêveries de gosse.

Chaque fois que je retourne chez ma mère, je ne peux m’empêcher de croiser le regard morne et vide du piano, tassé là dans un coin, juché de paperasse à présent, le tabouret défoncé toujours bien rangé sous le clavier. Il nous arrive encore de supplier ma mère de bien vouloir nous jouer un morceau, pour un invité, ou juste pour notre simple plaisir, mais à son signe de tête et sa petite moue elle nous fait comprendre qu’elle a depuis bien longtemps refermé sa dernière partition, et avec elle tout un chapitre de sa vie.

Aujourd’hui, je reçois un coup de fil de ma mère. Je suis au bureau, bien installée devant mon ordinateur, à quelques centaines de kilomètres d’elle. A des milliers de sa vie quotidienne. Au lieu de sa voix, j’entends clairement quelques notes de piano. Une suite incroyablement claire et enjouée, un son que je pensais avoir oublié. Les larmes me montent aux yeux, je me sens bête, j’ai à nouveau 12 ans.

K.

Eurostar

septembre 19, 2009 par teenagek

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Alors que je me tournais paisiblement les pouces chez moi, devant un énième épisode des Vacances de l’amour où Nicolas et Jeanne réussissent à endiguer le crime sur Love Island, la Vierge m’est apparue. Eh oui, rien que ça.
Pas exactement comme je l’imaginais ceci dit. Elle avait pas l’air en super forme dans sa parka rouge, une clope au bec, la tignasse décolorée avec racines apparentes. Le sourcil un peu négligé aussi. Et le teint jaunâtre. Comme tout le monde, j’avais vu des portraits de la Vierge en blanc, les traits purs et adoucis par l’amour maternel. Sur le coup j’ai été un peu surprise, et je l’avoue honteusement j’ai eu un léger geste de recul.

Moi : Mais que vous arrive−t−il, chère Vierge Marie?
Elle : Tiens, tu me vois, toi? Ça me soule, plus personne ne croit en moi, et du coup plus personne ne fait gaffe quand je me pointe. On m’ignore, même. Comme tu me vois là je reviens du bistrot, le seul endroit où j’ai encore un peu de succès. Du coup je m’en suis jeté quelques−uns au passage.

Et effectivement Marie sentait l’alcool.

Moi : Ben faut pas vous mettre dans des états pareils, vous voyez bien, je suis sobre, moi. Tiens, tant que je vous tiens, j’ai une petite question à vous poser. J’imagine que votre apparition est une sorte de miracle, et que du coup vous devez avoir des super−pouvoirs ou je sais pas quoi. Donc je me disais que peut être vous pourriez me faire un petit tour de passe−passe, je cherche des billets pas chers pour Londres.  Vous auriez pas ça en stock?
Elle : Ouh là, comme t’y vas! Chuis pas Jésus, moi! Je fais rien qu’apparaitre, pas plus! J’fais pas de multiplication des pains, toute façon j’ai toujours été nulle en maths.

Sur quoi Mme Marie se met à rire grassement, en me postillonnant allègrement au visage.

Moi : Sauf votre respect, en fait ça sert à quoi vos apparitions?
Elle : Bah à faire vendre des bouquins à quelques types, à redonner la foi à une poignée de ménagères, voilà quoi.
Moi : Sauf votre respect encore, je vous conseille un très bon shampoing de chez John Frieda pour redonner un peu d’éclat à tout ça. Et un soupçon de terracotta ne ferait pas de mal non plus. Et sinon, pour Londres, je fais quoi?
Elle : Va voir sur le site d’Eurostar, on sait jamais, des fois y a des prix sur certains trains.

Forte des conseils judicieux de la Sainte Mère, je me connectais donc une fois de plus au site d’Eurostar, à la quête des fameux prix dont elle venait de me livrer le secret. A ma grande surprise, tous les billets étaient à plus de deux cent euros aller−retour.

Mais c’est impossible, la Vierge m’a justement dit que… Elle n’a pas pu se tromper! Ah mais peut être qu’en passant un petit coup de fil j’aurai les dernières mises à jour des tarifs…

Moi : Bonjour Madame d’Eurostar, je vous appelle pour avoir un billet à moins de cent euros aller−retour s’il vous plait. Au départ de Paris, aller vendredi soir prochain et retour dimanche en fin d’aprem.
Madame d’Eurostar : Mais t’as vu la Vierge!

Ils sont forts chez Eurostar. Je sais pas comment ils font. Toujours est−il que la communication a été coupée brusquement, sans doute encore un suicidé chez France Telecom. Et comme la personne que j’ai eu la fois d’après ne semblait pas au jus des deals entre la Vierge et Eurostar, j’ai du payer mes billets plein pot. En tous cas c’est un bon truc à savoir pour la prochaine fois, demandez Madame d’Eurostar qui connait Marie.

K.

Sitting in a tin can

août 30, 2009 par teenagek

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Saturday afternoon.
I’m feeling a bit dizzy, not sure what I should do. I’m a bit bored. I know I made a promise, I said I would go see the exhibition at the Palais de Tokyo. The one about the guys who walked on the moon. I’ve never really been interested in that stuff, but I promised… And that place is one of my favorites in Paris, so alright, I’ll turn the TV off and get dressed. Yeah I know it’s already 4 p.m. What can I say? I’m a lazy girl.

Whenever you go to that museum, you have to spend an hour watching the skateboarders before even considering going to an exhibition. This is kind of a live exhibition, the same every week-end. The best scenery you’ll find here in Paris. There’s the Eiffel Tower in the background, not so far, and the Seine, and you’re sitting on a huge stone monument, white, smooth. And at your feet, dozens of skateboarders sliding amongst the statues keeping their stiff poses no matter what.

If you stay here long enough, sitting on the stone steps, you might have time to notice a few things. At first, it will just seem a huge mess to you. Young guys everywhere, jumping, falling, bragging, trying again and again the tricks they’ve been dreaming of. Noisy weird ballet.

After a while, you will notice the way they do their laces, both feet on their board, with just one knee bent, still sliding. You will smile when a hot mum in her forties will get there with her 8-year-old kid and his board. How mommy doesn’t look once at her son while he’s doing his best to impress her. She’s too busy with a cute teenage skater.

And as usual, staring at them from the stairs, young girls, whispering and laughing, blushing whenever a guy comes a bit closer.

As I watch them all, trying for the hundredth time to land properly on the white marble floor, I feel I’ve just had my perfect introduction to the exhibition A Man on the Moon.

K.

Barbie cherche Ken

août 12, 2009 par teenagek

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J’ai toujours tendance à dire qu’un anniversaire ce n’est jamais qu’un jour de plus. On ne prend pas un an, comme ça, en une nuit.

Et pourtant moi-même, 29 ans depuis pas si longtemps, je commence un peu à changer d’avis sur ce petit principe bien rassurant. 29 ans, c’est la caque. La grosse caque, même.

A 28 et 11 mois, tout allait bien. Encore adulescente insouciante, je ne me doutais pas de ce qui allait me tomber sur le coin du nez quelques semaines plus tard. 29 ans, c’est rien, je vous l’accorde. Mais on commence à se rapprocher dangereusement de la dizaine supérieure, et on a tendance à faire un petit point rapide et déprimant sur ce qu’on a fait, ce qu’on a construit. Je ne parle pas de boulot, de ce côté tout va bien, merci la vie. Non, je vous parle de tout ce qu’on voit autour de nous : couples avec enfants possédant un monstrueux appart pour loger la jolie petite famille. Ce genre de conneries. Et malgré le fait que je ne sois pas du tout envieuse de façon générale, malgré le fait que je n’ai jamais souhaité appartenir à aucune catégorie ou remplir certaines cases, je commence à me poser de sacrées questions.

Parce qu’il y a apparemment un rétroplanning à tenir, bordel de merde! C’est mal foutu, quand même. On nous dit qu’il faut profiter de la vie, faire des enfants le plus tard possible pour ne rien avoir à regretter. Alors on boit, on sort, on voyage, on fait bien ce qu’on nous a dit. Et puis un beau matin, on se réveille la tête dans le c.., et la première chose qui nous vient à l’esprit avant même l’envie de pisser matinale c’est : merde, j’ai 29 ans, je suis célib, il me faut des gosses avant 35 piges.

Donc, faisons le compte, mes chers amis. Ca nous laisse en tout et pour tout 6 ans pour trouver l’homme de notre vie, construire une relation durable, pleine de confiance et d’amouuuur, planifier le mariage de 200 personnes, se faire engrosser (je pars du principe que nous serons tous les deux fertiles), tout ça pour avoir à 35 ans notre Scénic et notre appart en banlieue proche, un môme qui hurle du matin au soir, au mieux un labrador, au pire des canaris, et un prêt sur 55 ans.

Bon, ben y a du boulot. En 29 ans de ma vie je ne suis jamais tombée sur le père de mes gosses, il va falloir qu’il se bouge un peu s’il veut qu’on puisse respecter le planning. Mais il est où, d’ailleurs? Encore à jouer à la PS3 ou à regarder un match de foot au pub avec ses potes, je parie.

Je me déprime toute seule parfois, c’est terrible.

K.

Bollywood ça craint

août 10, 2009 par teenagek

C’est vrai, le Bollywood ça craint. Mais c’est tellement bon.

Depuis que je suis allée en Inde il faut dire que je suis sensible au charme de ces petits bijoux de ringardise. Ne serait-ce que pour les voir faire leur petit signe de tête (c’est le hochement de tête sauf que c’est de droite à gauche et pas de haut en bas), je suis effectivement prête à payer 10 euros pour passer 2h30 devant une énorme merde indienne.

Petite histoire de l’évolution du Bollywood pour les incultes.

Au début, le Bollywood ça ressemblait à ça :

Ne regardez pas jusqu’à la fin. C’est chiant. Des champs de fleurs, des rivières, c’est complètement naze.

Puis on est passés à ça :

Des bonnes grosses moustaches qui se la donnent sur du saxo et du synthé façon Michael Jackson du pauvre. Pas étonnant que ce ne soit pas arrivé jusqu’à nous avant l’avènement de Youtube. Mais au moins c’était déjà un peu plus drôle.

Et me voilà, cet aprem de vacances, décidée à aller voir le nouveau Bollywood sorti en France, j’ai nommé Saawariya. Et là ça y est, on en est aux effets spéciaux de ouf, aux décors somptueux (mais très mal faits). Par contre ça chiale toujours autant. La larmichette permanente du début à la fin, il faut supporter. Le héros qui court pendant des heures sur un pont après l’héroïne qui ne sait toujours pas au bout d’une plombe si elle l’aime bien ou pas. Pétard que c’est lourd.

Heureusement qu’il y a également des scènes pour nous faire marrer. Je ne peux pas m’empêcher de partager avec vous ce promo mémorable, qui nous vend un peu le héros comme beau gosse du Bollywood.

Mais le Bollywood maintenant c’est tout ça à la fois : ringard, triste à mourir, drôle. Un mélange de John Woo, de clips MTV années 80 et de sitcoms AB Productions.

Eh oui, c’est ridicule, et j’ai payé pour voir ça. Perso je ne m’en lasse pas. Et j’en redemande, même.

K.

Rosa Bonheur

août 2, 2009 par teenagek

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Difficile de faire un sans faute pour une soirée parisienne. Toujours un détail qui cloche. Pas la bonne tenue, pas les bonnes chaussures, pas les bons potes, et surtout pas le bon endroit.

Je garde ce souvenir douloureux d’un vendredi soir où, sapée comme une princesse, je me suis retrouvée coincée dans une boîte hip hop à base de baggies et Nike,  avec des potes en costards de boulot qui ne dansent que sur de l’électro. Le décalage tue.

Il est toujours très délicat de trouver la combinaison qui fera d’une simple soirée un moment parfait.

Ce samedi soir, mon frangin m’appelle pour une petite virée aux Buttes Chaumont, plus précisément chez Rosa Bonheur.
Rosa, c’est l’Endroit à Paris en ce moment. Oui, avec un grand E.
Il fait beau, plutôt chaud, on est tous en caille comme des gros ringards en plein Paname au mois d’août, quoi de mieux que cette grande maison ambiance guinguette, avec ses bières à 3 euros, pour guincher gentiment jusqu’à minuit? Rien de meilleur, je vous le dis.

Au moment où je raccroche, je me regarde, assise dans la voiture de ma cops, tout juste sortie d’un terrain de beach. Short, débardeur, tongs, les cheveux cra-cra pleins de sable. Je décide illico de m’accorder une petite heure de plus pour débarquer jolie comme un coeur chez Rosa.

En sortant de ma douche salvatrice, je trouve la tenue parfaite, après 1 heure d’essayages. Petite robe noire basique, ceinture tressée rose, legging mi-mollet, grand gilet écru manches courtes, et mes toutes nouvelles et perfectissima All Star rose clair. Je suis prête à me fondre à la foule.

Arrivée sur place, j’attends une bonne demie-heure que le parc des Buttes soit vidé avant qu’ils ne rouvrent enfin les portes. En attendant, pour tromper l’ennui, je harcèle mon frangin déjà à l’intérieur sur son portable pour savoir “c’est quand qu’ils viennent ouvrir les portes, dis”? Après avoir bataillé des coudes sévère pour atteindre le vigile, je suis enfin à l’intérieur du parc, et me parviennent les échos de ce qui semble de loin être un bal de province. Il me semble bien que la musique qui a salué mon arrivée était “Daddy Cool”. La maison éclairée, tout ce monde qui se déchaîne sur des tubes vieillots et pourtant tellement bons, ça me met de bonne humeur. Dehors, des tablées entières de bobos, étrangers, gays, lesbiennes, couples sexa, filles de bonnes famille et bandes de potes baba. Tout Paris semble être là.

L’effet de Rosa ne se fait pas attendre. En moins de dix minutes je suis plongée dans le bain, de retour dans ma province, au milieu des arbres et des lumières, et comme tout le monde, je me mets à sautiller comme une ado sur du Nirvana.

K.

Je déteste ma voisine (qui me le rend bien)

juillet 27, 2009 par teenagek

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Ma voisine de dessous c’est Madame Lavolée. C’est pas une blague.

Depuis l’année et demie que j’habite là, s’est installé lentement mais sûrement un climat de méfiance et de guerre froide entre nous. Petites saloperies mesquines de son côté, sourires figés du mien. Ah oui, je laisse aussi mes chats se faire les griffes sur son paillasson parce que je suis sûre que ça l’emmerde. Ils n’ont pour l’instant pas osé pisser dessus, les petits salauds.

La première fois que j’ai eu la visite de Mme Lavolée, c’était le jour de mon emménagement. Pas plus tard que ça.
Nous avions à peine fini de poser le dernier carton dans ma chambre que j’entendais le pas traînant et fourbe de la vieille. Tranquille, la mémé fait le tour de l’appart alors que je bois un thé avec les âmes charitables qui ont bien voulu m’aider à trimballer mes frusques. Quand elle débarque dans ma chambre, elle s’exclame tout naturellement “ah c’est joli ici, très lumineux!”. Rien de méchant jusque là, d’accord.

OK. Pendaison de crémaillère. Je mets un petit mot dans le couloir pour expliquer à tout le monde que je risque de faire du bruit, mais que tous les voisins sont les bienvenus (aucun n’est venu d’ailleurs, mais passons).
15h30, mémé Volée débarque chez moi pour m’expliquer qu’à la dernière soirée faite par mes prédécesseurs son mari est décédé d’une crise cardiaque. “Le pauvre homme, encore si jeune!”
Je commence à stresser pour ma soirée, en me disant qu’à peine emmenagé ce serait quand même assez malpoli de tuer la voisine. Tout ça c’était avant que je ne comprenne que j’avais affaire à la pire des emmerdeuses. Et qu’elle ne raconte que des conneries.

Deuxième soirée, moult coups de balais au plafond et pléthore de coups de sonnette à la porte, j’avais compris le truc.
J’avais bien remarqué que la vieille était un poil raciste. Le facteur noir, les indiens qui vivent dans ma rue, les jeunes un peu basanés qui passent en scooter, elle aimait pas trop ça. Au dixième coup de sonnette, après qu’elle ait essayé de m’attendrir en me disant que ses tableaux étaient sur le point de tomber du mur, j’envoyai mon pote le plus baraqué et le plus foncé qui soit sur place. Radical.

Je ne vais pas vous raconter toutes les petites piques lancées à la volée (ha ha), ni les discussions salées avec une autre voisine que j’entends depuis ma cuisine. Un rien suffit à l’occuper. Monter me voir deux fois par mois pour me dire qu’il y a une fuite dans mes toilettes, me donner les colis qui me sont destinés (qu’elle a récupéré je ne sais comment) en ayant bien pris le soin de les ouvrir pour vérifier leur contenu, etc… Parce que Mme Lavolée c’est un peu le CSA de l’immeuble. Ce qui se fait, ce qui ne se fait pas. Que ça la regarde ou non.

Cependant, pour la première fois dimanche j’ai enfin pu la prendre en défaut, la parfaite et bien-pensante Volée. Une petite odeur de brûlé dans l’immeuble, j’ouvre la fenêtre de la cour et je vois un nuage noir de fumée sortir de sa fenêtre. J’accoure, pas vraiment envie de voir mon précieux chez moi cramer à cause d’un Alzheimer de plus. Après cinq coups sur la porte, la Volée m’ouvre en robe de chambre, ebouriffée. “Mais ça brûle!”, me dit-elle, comme si j’y étais pour quoi que ce soit. Madame s’était endormie devant le tour de France avec un plat sur le feu.

Elle finit par me remercier, ajoutant que je suis très gentille. Je me retiens de lui dire qu’il ne faut pas y voir une quelconque bienveillance mais juste un léger intérêt pour toute ma vie, qui se trouve un étage plus haut.

Finalement, elle ne le sait pas, mais elle m’adore, la Volée. Elle s’ennuierait beaucoup trop sans moi.

K.

Homme actuel

juillet 19, 2009 par teenagek

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J’ai beau feuilleter tous mes anciens numéros de Elle posés élégamment dans mes chiottes à côté des Tampax, je ne trouve absolument rien sur le sujet.

Sexo, astro, bobos, gros mythos, je trouve de tout mais pas la réponse à mes questions du moment. Tu me déçois, Elle, tu me déçois beaucoup. Toi qui m’a tant soutenue pendant mes régimes avec tes couvertures faites de nanas faméliques et de titres aussi glams que “J’avoue, j’aime la fessée”. Toi qui m’a appris des termes aussi précieux que “it-bag” ou “fatshionista”.

Que font donc tes rédactrices pendant que des filles comme moi cogitent pendant des heures, que dis-je des jours, pour trouver un début de réponse à cette question si simple : Pourquoi l’homme actuel est-il si flippé de la life?

Parce que j’en suis venue à ce constat frappant et bien perturbant. L’homme actuel flippe de tout. J’ai commencé à me servir de mes doigts de pieds pour compter tous ceux qui commencent une analyse ou font une dépression nerveuse. Cause de la flippe? Travail, engagement sentimental, pression familiale. Ce qui se résume à un seul mot finalement, grandir.

Tout ça, je peux comprendre, étant moi-même une petite ado attardée. Cependant, quand on en vient à des paralysies complètes de la vie amoureuse parce que crise d’adolescence après 30 ans, ça devient compliqué. Et là, tout y passe. Modèle familial trop strict, pas assez strict, problèmes avec maman, avec papa, souvenirs d’une ex envahissante, ou pas de souvenirs de relations du tout… Tout ça, ça file mal au crâne.

Eclaircissons un point, les garçons, si vous le voulez bien. La crise d’adolescence, comme l’indique son nom, c’est entre 13 ans et 19 ans, quand on a des chtards plein la figure, le pantalon qui démange et la voix qui mue. Après c’est un poil tard.
Mais bon, mieux vaut tard que jamais.

J’en viens donc à me demander si ça a toujours été la même chose. Ou si lorsque les femmes étaient bien à leur place aux fourneaux et que la tradition voulait qu’on se marie à 20 ans, les choses n’étaient pas plus tristement simples. C’est peut-être un raccourci un tantinet rapide, je vous l’accorde, mais je commence à croire que la nouvelle place de la femme dans la société, dans la famille ou même simplement dans le couple en a semé plus d’un en route.

Une petite conclusion s’impose : l’homme actuel est (à quelques exceptions près bien sûr), un tout petit peu largué. Le modèle familial ayant bien changé, l’homme actuel a vu sa maman travailler, fumer des clopes et dire “merde” à papa plutôt que “j’ai mal à la tête”.  Au boulot il y a des nanas qui ne font pas qu’apporter le café, parfois même certaines peuvent donner des ordres, eh ouais. Et puis quand même, il y a toujours en tête le schéma classique mariage+bébé+clebs+grande maison qui fout la trouille à un point pas possible.

Alors j’ai envie de dire merde.

Je veux bien qu’on ait croqué la pomme il y a quelques milliers d’années, mais c’était quand même il y a un bon moment. On a fait une connerie, ok, ça va, ça peut arriver.

Mais moi je plaide non coupable. Allez, démerdez-vous.

K.

ps aux hommes : pardon.

Bubble Tutorial

mars 31, 2009 par teenagek

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Chapati forever

mars 25, 2009 par teenagek

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Ce qu’il y a de bien dans les voyages, c’est qu’on apprend plein de choses.  La plupart du temps à notre détriment, certes, mais c’est toujours une expérience de plus.

L’une des choses que je retiens de l’Inde, c’est les 5 kilos perdus en deux semaines. Jamais vu un régime aussi efficace. Matin, midi et soir pendant 4 jours, on veut tout goûter, du curry, des chapati, le chai tea, le bang lassi. Et puis un beau matin, on se retrouve penchée sur la cuvette dans une position inhabituelle et fort désagréable pour les narines, et à partir de là commence une longue anorexie. Plus question de mettre un gramme de quoi que ce soit dans cette bouche si délicate. Au retour du voyage, on se sent bien, mince, on poursuit son régime vomi en continuant allégrement à rendre tout ce qu’on ingurgite, juste un petit réflexe qu’on a choppé là-bas. Du coup on se sentirait presque obligée de rappeler tous ses ex, juste pour pouvoir leur montrer que les 5 kilos qu’ils nous reprochaient silencieusement en nous regardant nous empiffrer de Kinder Bueno sont bien partis.

On y apprend également que lorsqu’un malade vous attaque par derrière dans la rue juste pour vous peloter les seins avant de partir lamentablement en courant, il n’y a pas grand chose à faire d’autre que de hurler, de rester complètement interloquée, puis de continuer son chemin avec une brique dans la main, juste au cas où. Et finalement d’en rire. Ca fait toujours une histoire à raconter, aussi pathétique soit-elle.

Enfin, on comprend bien vite qu’il ne faut sous aucun prétexte se montrer trop gentille à l’égard des jeunes garçons d’un bled paumé, sous peine de se retrouver empêtrée dans une demande de mariage sortie de nulle part, un millier de coups de fil à la minute et un type qui veut vous suivre à la trace pendant le reste de votre séjour. Ca, c’est très déconseillé. Overdose de Bollywood chez la jeune gent masculine locale.

On pourrait croire qu’un voyage en Inde est fait d’expériences malheureuses en lisant tout ça. Et pourtant non, bien au contraire. Je tire de ces magnifiques instants de grandes leçons diététiques, comportementales et cinématographiques. Et bien plus que ça. Blague à part, il est difficile d’exprimer en quelques lignes l’effet que peut produire un tel voyage, accompagnée de NatPac, sac à dos sur les épaules, allant de villes en villages et de rencontres en amitiés.

Ce que je peux vous dire, c’est que ça m’a fait tout drôle de rentrer. Un peu comme si je n’étais plus tout à fait à ma place ici. J’ai posé le pied sur le sol français comme on trempe un orteil dans la piscine pour évaluer la température. Et le verdict a été saisissant : glacial. Non seulement la température extérieure, mais aussi les rues, le gris du ciel, les visages fermés, les sourires polis et coincés. Plus de bandes de gamins qui m’entourent en criant dans la rue, plus de “hello” tous les deux mètres, plus de familles qui m’invitent à boire un thé chez elles, plus de couleurs, plus d’odeurs, plus de chaleur, silence complet. Anésthésie des sens. Back to life, back to reality.

Et ça fait un peu mal.

K.

Teenage K vs Rudolph

mars 3, 2009 par teenagek

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Berlin, dimanche matin.

Mon frère ne réserve jamais d’hôtels pourris, et ça où qu’on soit. Celui-ci est très luxueux, pour moi en tous cas.
En ce joli dimanche de mars à Berlin, je me dis que tant qu’à claquer ma thune pour dormir sous une couette trop chaude dans une chambre trop grande, autant craquer complètement…
J’ai donc rendez-vous ce matin à 10h pour une pédicure express. En une semaine, j’aurai testé pour la première fois de ma vie la manucure et la pédicure. Et j’ai 28 ans. C’est lamentable.

Je prends l’ascensceur spécial Spa et je me retrouve à l’accueil, face à un fantôme d’ado gothique qui me parle dans une langue bien étrange, mélange incompréhensible d’allemand et d’anglais avec quelque part un petit accent de l’Est. Je lis sur son bagde “Stanislava Rudolph”. Un bien joli nom qui lui va à ravir.
Pâle comme la mort, cheveux colorés un peu crades, grosses lunettes, timide au possible, je me demande ce qu’elle peut bien foutre dans le spa d’un hôtel de luxe… Juste l’accueil probablement, elle doit être en stage ou quelque chose dans le genre.

J’expose l’objet de ma visite, elle me répond “Ja, Ja, pedicurrrrre”. Ca irrite un peu les oreilles tout ça. Elle m’emmène dans un petit coin du spa, sur un grand fauteuil confortable, entouré d’instruments bizarres et d’une multitude de vernis à ongles. Rudolph quitte la pièce et je la remercie gentiment. Je repense à l’époque où j’étais stagiaire, à tous les gens désagréables et hautains que j’ai pu croiser, et je me dis que je suis une fille bien polie et une cliente adorable.

En attendant mon esthéticienne, je scrute autour de moi ce qui m’a tout l’air d’une table de chirurgien. Ca a l’air de faire mal tout ça, trop pointu, trop aiguisé. Mais après tout, toutes les femmes se font faire des pédicures et je n’ai jamais entendu parler d’accident grave suite à un limage d’ongles, ça ne peut pas être si terrible.

J’entends les pas feutrés de mon esthéticienne qui arrive, pantoufles glissant sur le sol, ça va commencer.
Je sens mon sourire se crisper quand je vois débarquer Rudolph, la banane aux lèvres, gants aux mains. Merde, c’est elle qui s’occupe de moi.
Quand elle pose le bac d’eau chaude à côté de mes pieds déjà terrorisés, je peux voir à travers ses gants transparents un joli verni noir dégueulasse et écaillé sur ses ongles mal coupés. Les amis, priez pour votre teenage.
J’ai beaucoup de mal à la comprendre, nous finissons par communiquer par gestes. Elle commence son travail, essaye absolument de me faire la conversation, mais tout ce qu’elle me demande à maintes reprises est “here shopping?”. Non non, visite, tourisme, musée, la routine quoi. Ca ne semble pas du tout la satisfaire. Désolée de ne pas faire rêver…

Commence alors une longue agonie de plus d’une heure et demie. Connaissez-vous le proverbe “il faut souffrir pour être belle”? J’en ai un nouveau : “il faut souffrir pour avoir les ongles rouges”. Eh ouais, même juste pour ça il faut souffrir apparemment…

Rudolph commence par sortir une machine qui ressemble étrangement à un aspirateur. Je vois derrière elle quelque chose qui ressemble à un auto-cuiseur. Mais qu’est-ce que c’est que ce spa pourri?? Ils utilisent les ustensiles de ménage et de cuisine ici?
L’aspirateur est en fait une machine à poncer, et immédiatement me vient en tête le souvenir de ce monsieur qui aiguisait les couteaux à la meule dans mon petit village.
Il y a plein d’embouts différents, et alors qu’elle commence à s’affairer sur ma plante de pied, je sens des spasmes gagner ma jambe et mes orteils. Ca chatouille à mort, ça dure une éternité, je dois mordre mon pull pour ne pas éclater de rire.
Elle s’attaque ensuite à mes cuticules. Elle charcute sévère avec ses petits instruments, j’ai l’impression qu’on m’enfonce des aiguilles sous les ongles et qu’on triture allègrement. Ca fait un mal de chien, merde!
Elle me demande sans cesse “OK for you?”. Yes, yes, ok for me, ça va je suis pas si douillette que ça non plus. Mais tu te serais faite engueuler par n’importe quelle autre vieille mégère, mon petit Rudolph.
Elle est bien appliquée, maladroite comme c’est pas permis, elle tente de me poser du vernis rouge, s’en fout plein les mains, m’en fout plein les pieds, c’est un carnage. Elle me coupe l’orteil avec je ne sais quoi, et tout ce qu’elle trouve à faire c’est me verser environ 3 litres d’alcool pour désinfecter. Il faut dire que Rudolph désinfecte absolument tout : ses gants, ses instruments, mes pieds, tout le temps. En même temps je me dis que ce n’est pas forcément plus mal, il a dû couler pas mal de sang sur ce fauteuil, avec les doigts en plomb qu’elle a…

La pose de vernis n’en finit plus. Quatre couches, elle doit s’y reprendre à deux reprises au moins pour chaque, j’ai les pieds marbrés de rouge. Je ne veux même pas savoir si c’est du sang ou du vernis.

Elle finit par prendre un petit objet qui ressemble à s’y méprendre à un économe. Vous savez, ce truc pour peler les carottes et les pommes de terre. Je crains le pire… Elle me prend un pied, et se met à le râper comme elle le ferait effectivement avec un légume. Elle semble inquiète, pas très sûre d’elle, ce qui ne me rassure guère.

L’économe creuse jusqu’à arriver à ma jolie chair tendre, le sang perle, et paf le coup part tout seul, sans que j’aie pu le retenir. Quand mon pied rencontre son nez avec une force surprenante, je sens quelque chose craquer. Ce ne sont pas mes orteils, mais les lunettes de Rudolph, qui volent à l’autre bout de la pièce. Elle se tient le nez à deux mains, et me demande gentiment, une larme à l’oeil, “did I hurt you?”. Mon petit Rudolph, je crois qu’on peut dire qu’on est quittes maintenant.

Je me demande un instant si le chef cuisto ne va pas l’engueuler quand elle va retourner en cuisine avec ses autocuiseurs et son économe, le nez qui saigne c’est pas terrible pour préparer à bouffer aux clients.

Quand se termine enfin mon heure et demie de torture, mes pieds ne ressemblent à rien, j’ai des coupures partout, du vernis macule mes orteils, mais rien comparé à la patate rouge qu’elle a maintenant à la place du nez. Je me dis à ce moment qu’elle n’a probablement jamais aussi bien porté son nom.

Nous nous séparons à l’accueil du spa, un sourire aux lèvres. Le mien est celui des vainqueurs, je crois bien que j’ai gagné le combat Teenage K vs Rudolph.

K.

Frytten Bier Sigretten

février 23, 2009 par teenagek

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Pris le train pour Bruxelles à l’arrache, pas d’argent pour payer le train ma carte est bloquée sur cette p….. de borne SNCF, je me fais inviter, hôtel dans le centre, chambre vert pomme classe on fume même si c’est non fumeur, virée nocturne, une vieille bonne femme à la voix rauque et à l’accent terrible nous indique le chemin au  détour d’une rue, restau pourri bouffe dégueulasse mais c’est chouette quand même de pas être à Paris, bowling qui ressemble plus à une boîte qu’à un bowling, bière, bain avec mon Ipod “Tiger Mountain Peasant Song” en boucle, dodo, petit déj au lit, il fait pas beau dehors, on sort quand même, direction la Grand Place, c’est joli mais pas aussi joli que le soir, gros cornet de frites plein de mayonnaise, bière encore, un vieux chante des chansons très cools avec sa guitare près de la Bourse, on reste à l’écouter un moment, un troupeau de scoutesses passe, jambes nues, ça caille, l’une d’elles a écrit “sex” en gros sur sa cuisse elle doit avoir 12 ans, énorme gaufre pleine de chantilly j’en ai partout, la pire photo devant le Manneken Pis j’ai un peu honte devant les touristes, quartier chinois pourri trois boutiques qui se battent en duel, quartier gay sympa et plein de chouettes bars, photo débile devant une peinture murale, encore une photo débile je me retrouve à faire un bisou sur le groin d’un gros cochon sur un mur, je joue aux jeux vidéo sur un mur encore, quartier des pêcheurs le bar le plus cool de la terre plein de visages pas possible, ça pue la fumée là-dedans mais on est ravis, la vieille au bar me parle en français et lui parle à lui en flamand, l’appelle “mon ange”, la bière coûte 1 euro 50, ils boivent tous en pleine aprem, se crient dessus, jouent aux mots croisés, le temps s’est arrêté, retour vers le centre, photos stupides again, on rentre à l’hôtel, match de snooker mémorable, Robertson se prend une belle branlée, on se relève pour la soirée, restau chic mais pas cher sauf pour le vin, foie gras, sole meunière, je trouve le couple à côté sympa, pas lui, la serveuse avait l’air d’une saleté de blonde décolorée mais elle est gentille, me touche la main par contre et j’aime pas trop ça, on disparaît façon Méliès sur la Grand Place, laissant nos pompes derrière nous, on flâne dans les rues à la recherche d’un bar cool, tombés sur le Dolle Mol, tout le monde fume mais pas que des clopes là-dedans, un français nommé Larsen joue de la gratte et chante comme un dieu, on reste là subjugués, bières et genièvre à la main, clope au bec, puis tentative de danse dans une boîte pourrie, mais la musique craint trop on se barre, retour au Dolle, le musicos me donne son numéro il habite à Paris et aimerait bien me revoir, j’irai juste le voir chanter dans un bar je le sais déjà, une vieille prostituée vient me parler alors que je joue à des jeux à boire avec des étudiants, elle pue le vomi, un allemand super bourré me dit dans les toilettes que je n’ai pas besoin de me regarder dans la glace pour savoir que je suis jolie, quoi que ça veuille dire, mon acolyte s’est trouvé des potes aussi bourrés que lui devant le zinc, je sais pas de quoi il parle mais ça doit être n’importe quoi, les étudiants me proposent d’aller prendre un petit déj, il est déjà 6 heures du mat.

Le lendemain matin, la dure réalité me rattrappe. Dans quelques heures je serai de retour à Paris. Il est 14h quand on émerge, lui toujours un peu bourré de la veille, en voyant l’heure il se met à crier. Une bonne douche chaude, pas de petit déj parce qu’il est trop tard. On remballe nos affaires, je suis déjà un peu triste. Le temps de manger un truc dégueu pour touristes, de boire un chocolat dans un café fumeur très très cool, nous revoilà partis pour la gare.

Dans le train je regarde défiler les immeubles. Je n’ai pas le coeur à lire mon bouquin, ni même à écouter mon Ipod. Je reçois mes textos du week-end passée la frontière Mobyphone/Bouygues. J’ai pas envie de rentrer.

Merci Bruxelles, merci les Bruxellois, merci à toi, je suis contente de m’être brûlée un peu ce week-end.

K.

Oh my God!

février 15, 2009 par teenagek

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L’expérience de ce mois-ci : première visite de ma vie dans un sex shop.
Mais attention, pas le sex shop glauquissime de Pigalle avec ses étalages d’objets obscènes et ses écrans plats qui diffusent des scènes à vomir. Non, rien à voir. Ici, pas de mecs bizarres en pardessus, pas de strip teaseuse tenant la caisse en attendant l’heure de son prochain peep show. Pas non plus d’éclairage au néon, ni d’odeurs louches.

Mesdames et messieurs, et surtout vous mesdames, bienvenue dans l’antre du plaisir féminin, de la sensualité et du rose bonbon.

Ce week-end, j’avais pour mission d’acheter un cadeau d’anniversaire pour une très bonne amie. Qui dit très bonne amie dit “on peut tout se permettre entre nous”. Après un bon brunch au Loir dans la Théière, je me dirige donc, un peu apeurée, j’avoue, mais accompagnée d’un ami connaisseur, vers ce temple de la féminité, j’ai nommé Dollhouse, au beau milieu du Marais, pour un cadeau un peu particulier.

Devant la boutique, malgré sa devanture étonnamment classe et girlie, j’hésite encore un peu. Je regarde partout dans la rue pour être certaine de ne pas tomber sur un ancien patron ou mon grand-père par exemple, même si mon grand-père n’a rien à foutre dans le Marais un week-end. Mais passons.
Mon ami me pousse gentiment vers l’entrée, convaincu de m’ouvrir les portes d’un tout nouveau monde. Sous le nom de la boutique, leur tagline: “Jeux de filles”. Mouais. Pour moi les jeux de filles jusque là c’était plutôt mes entraînements de volley ou mes soirées arrosées entre copines…

En passant le pas de la porte, j’ai l’impression de me trouver dans une boutique de lingerie toute mimi. Tout est rose et noir, très chic, la musique est douce et bien dans l’air du temps, et surtout je suis immédiatement rassurée par ce qui m’entoure : des dizaines de nanas. Toutes ont dans les mains des objets colorés pour le moins étranges… Mais qu’est-ce que c’est que ces trucs? Il y a des plumes, du latex, du satin, du rose, du mauve, du noir, du doré, tout un univers qui éveille les sens. Des bougies sont allumées un peu partout, les vendeuses ont l’air avenantes et adorables. Des vendeuses adorables? A Paris? Eh ouais.

Je descends au sous-sol, et je tombe sur un grand étalage de dildos en tous genres. Curieuse mais pas téméraire, je n’ose pas m’en approcher, et encore moins y toucher. Une vendeuse s’adresse alors à moi très gentiment, me demandant si je cherche quelque chose de particulier. Comment vous dire mademoiselle… Si je connaissais déjà la moitié des objets je pourrais éventuellement commencer à formuler le début d’une réponse. Pour l’instant j’en suis encore au stade du nouveau-né.

Mon pote, comme un poisson dans l’eau, touche à tout, m’explique l’utilité de chacun des ustensiles, les met en marche, se marre, discute avec les vendeuses, pour au final prendre un dildo et me le mettre sous le nez en me disant “this is the one you need!”. Ah ouais, maybe, je sais pas moi. Le dildo en question est noir, lisse, un véritable objet d’art, et je me laisserais presque convaincre quand il me dit “I’ve never seen such a beautiful dildo in my whole life”. Je ne veux pas savoir.

Je finis par me décider à approcher une montagne de dildos, mais apeurée comme je suis par ce déballage de bizarreries, je fais tomber tout ce que je touche. Un double dildo fracasse le sol en tombant, j’essaie de le ramasser, le refais tomber, et finis par le reposer sans avoir vraiment compris comment ça marchait, cramoisie.
Et là je me rends compte que tout le monde autour de moi s’en contrefout. C’est à ce moment que je réalise à quel point le sex toy est passé dans les moeurs. Je regarde les gens dans la boutique : des petites nanas propres sur elles, des jeunes couples, des femmes d’une cinquantaine d’années, il y a absolument de tout.

Je me décomplexe alors enfin et finis par demander des conseils à la vendeuse. Celle-ci, toute heureuse que je me sois enfin décoincée, n’en finit plus de me montrer toutes les fonctions, les boosters 3ème génération, et je commence à m’intéresser à ce joli étalage.

Une heure plus tard, j’ai fait le tour de toute la boutique, je connais les noms de tous les modèles, leur usage, la façon de les nettoyer, et les différences entre les divers lubrifiants. Je ressors avec deux sacs, ravie. Mon pote me regarde d’un oeil amusé, il a l’air bien fier de lui.

Quelques minutes plus tard, dans le métro, je sens à mes pieds une vibration qui me remonte jusque dans le tibia. Mon sac noir et rose fait de drôles de bonds. Les passsagers me regardent, l’air de ne pas comprendre pourquoi je ne réponds pas à mon téléphone…
Je me cache derrière ma frange et attends impatiemment mon arrêt pour appuyer sur le bouton off de mon tout nouveau Smartvibes Booster modèle noir ébène.

K.

Bedtime Stories

février 7, 2009 par teenagek

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Je n’ai jamais aimé les histoires avant de dormir.

Petite, je me suis toujours demandée pourquoi les adultes tenaient tant à ce rituel qui, personnellement, me barbait.
La voix doucereuse, si basse qu’on ne l’entend presque pas, comme une berceuse, mais avec ce petit quelque chose de très agaçant. Les lèvres qui se séparent trop lentement pour prononcer les mots, avec un petit bruit mouillé qui irrite les oreilles, le souffle chaud qu’on sent trop proche de soi, trop intime, et le flot de paroles au ralenti, avec toutes ses manières.

Les histoires pour dormir m’ont toujours donné l’impression d’avoir mangé trop de sucreries. Un mal au coeur latent et sournois, n’attendant que l’extinction des lumières pour se manifester de plus belle. Et c’est avec une grande fierté que je peux affirmer que jusqu’à très tard, aucune histoire, quelle qu’elle soit, n’a pu me mener dans les brumes du sommeil.
Bien sûr, je faisais à chaque fois semblant de m’assoupir au bout de quelque temps, pour faire plaisir à l’adulte, qui repartait sur la pointe des pieds, un sourire charmé et protecteur aux lèvres, poussant la porte jusqu’à la fermer presque mais pas complètement parce qu’il savait que j’avais peur du noir.
Le timing devait être bon pour être crédible. Je ne devais pas feindre le sommeil trop tôt, pas au bout de quelques mots, même si je mourrais d’envie de voir les grands déserter mon chevet au plus vite. Il me fallait prendre patience pendant au moins 10 minutes, le laps de temps moyen nécessaire à tout enfant normal pour plonger. En attendant, prendre un air tour à tour énergique, puis intrigué, puis contenté, et enfin les paupières qui se ferment lentement, qui tentent de se rouvrir, se referment lourdement, et finalement le souffle qui se fait plus profond, plus lent et plus puissant. J’étais très bonne comédienne, petite.

Une fois l’adulte parti, je pouvais enfin rouvrir les yeux et compter par la fenêtre les lumières qui au fur et à mesure s’éteignaient dans la ville. Car ce n’est pas de l’obscurité que j’avais peur, mais de la solitude. Chaque lampe qui s’éteignait était comme un ami de moins près de moi, une présence rassurante échappée. Au fur et à mesure que l’obscurité gagnait les rues avoisinantes, le froid se faisait un peu plus saisissant, et quand enfin le dernier de ces inconnus était couché, l’angoisse me surprenait, seule dans ma chambre, accrochée à l’encadrement de la fenêtre dans ma chemise de nuit mauve.

Mon seul recours était alors de penser que quelque part, dans la ville, des gens travaillaient forcément. Des infirmières, des médecins, des pompiers, des policiers. Que des gens utiles, en plus. Je me consolais en me disant que les meilleurs resteraient avec moi jusqu’au bout de la nuit si le sommeil ne devait jamais arriver. Et si cette pensée ne me suffisait pas, alors j’en venais à imaginer les habitants de l’autre bout du monde, pour lesquels il faisait grand jour, et qui vivaient leur vie sans se douter que quelque part en France une petite fille était contente de les savoir là.
Je ne connaissais pas d’assez belle histoire pour m’enlever ces obsessions de la tête.

Tout ceci jusqu’à ce que mon oncle vienne habiter avec nous. A cette époque mon frère et moi devions conte notre gré cohabiter dans la même chambre, afin que mon oncle puisse avoir la sienne. Je ne sais pas qui, de mon frère ou moi, réclama une histoire pour dormir.

Toujours est-il qu’un beau soir, alors que mon frangin et moi nous battions comme d’habitude pour des broutilles, mon oncle entra dans la chambre, les mains vides, pour l’histoire du soir.
Je tiquai tout de suite. C’était la première fois que je voyais quelqu’un venir me raconter une histoire sans l’histoire en question entre les mains. Il s’assit sur mon lit, et entama son histoire. Sa voix était posée, claire, loin des mièvreries habituelles que l’on sert aux enfants en pensant les attendrir. C’était la voix d’un adulte, un vrai, s’adressant à son auditoire. Ses mots étaient si bien choisis, ses phrases si bien rythmées, que j’en vins à penser qu’il avait appris par coeur une sorte de conte.
Mais au bout de vingt minutes, il nous tenait toujours en haleine. Pas question pour nous de dormir, il nous fallait connaître la suite. Après un long récit détaillé des aventures de notre nouveau héros, mon oncle nous quitta. J’étais très dépitée de son départ, je m’étais tellement attachée à ce petit personnage que je n’avais aucune envie de le voir partir. C’était la plus belle et la plus épique des histoires que j’avais jamais entendues. En refermant la porte, mon oncle nous dit simplement “la suite demain”. Je m’endormis en un clin d’oeil.

Le lendemain soir, mon frère et moi l’attendions au garde à vous, inhabituellement sages dans nos lits. L’histoire m’avait poursuivie dans mes rêves et avait accompagné ma journée. Je repensais à ce mystérieux bonhomme venu taper à la porte à l’improviste, à cette compagnie de nains qui s’était invitée chez notre héros, à toute cette nourriture et ces boissons qu’il avait dû leur servir pour les satisfaire.
Mon oncle reprit exactement là où il l’avait laissée son histoire. Pendant ce qui me sembla des semaines, et qui ne dut être que quelques jours, je suivis avec passion et ferveur ce conte que je ne me lassais pas de découvrir, avec tous les détails dont mon oncle nous abreuvait.
Je ne me rappelle pas de quelle manière l’histoire prit fin, si je fus triste ou non en entendant les tout derniers mots refermant le dernier chapitre du livre invisible.

Je me rappelle par contre que quelque temps plus tard, mon oncle m’offrit mon tout premier livre. Pas un de ces Club des Cinq à la noix de la Bibliothèque verte. Non, c’était un livre, un vrai, avec une belle couverture cartonnée, une odeur de papier incroyable, et ces mots en jolies lettres fines “Bilbo Le Hobbit”.

Aujourd’hui j’ai toujours la plus grande tendresse en regardant la couverture abîmée de ce qui fut la plus belle histoire que j’aie jamais connue. Et lorsque j’ouvre ses pages et que je prends une grande bouffée de son odeur si particulière, je replonge dans ce qu’il y a de meilleur dans mon enfance.

Jamais cette histoire n’aurait été si belle si je l’avais découverte en lisant JRR Tolkien.

K.

Coolitude

janvier 29, 2009 par teenagek


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Qu’est-ce que c’est que cette coolitude?
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Une soirée bien remplie de stars, glamour au possible, un peu roots en même temps, baskets Adidas classics au pied pour improviser des chorés de dingues sur le dancefloor, un petit Beckam par ci, une petite Missy Elliot par là. Un poker installé au fond de la pièce, une piscine dans laquelle on peut se jeter, du rappeur, du street dancer à fond, de la caille, tout ça sur un “Beggin” de Frankie Valli remixé comme il faut… La soirée rêvée, quoi.

Ceci dit je me vois mal au milieu de tout ça, dans mes Veja, complètement  à l’ouest. Je me tiendrais très probablement dans un coin de la pièce, derrière un rideau plus vraisemblablement, avec une coupe de champagne à la main, pour faire classe, alors que tout le monde serait en train de boire des cocktails de fou, en gens cools qu’ils sont. Et puis je regarderais les danseurs se démener de façon tellement naturelle, déhanchés saccadés, pieds glissant sur le sol en un ballet déjanté et tellement classieux… J’aurais presque envie de les rejoindre, mais à ce moment précis je repense au malheureux cours de Boogaloo Style que j’ai tenté de prendre au Centre du Marais. Le prof de hip hop qui me regardait avec des yeux désespérés, le visage défait, perdant courage en s’apercevant que face à une glace je ne connais plus ma droite et ma gauche… Mon visage qui rougissait sous l’effort et le surtout sous coup de la honte. Moi qui pensait savoir danser un minimum, et qui n’était pas habituée à être l’élève au bonnet d’âne.

Je pourrais probablement m’installer à la table de poker, avec tous ces gros mecs ultra cools qui ont l’air de se marrer, mais voilà, quand je joue au poker je ne suis pas marrante du tout, je veux juste gagner, plumer tout le monde, quitte à repartir après avoir rasé la table, sous les regards haineux des autres joueurs…

Non, je ne serais pas vraiment à ma place à cette soirée. Pas assez cool? Probablement…

Je me console en pensant que les soirées comme ça, ça n’existe pas vraiment, sauf dans les pubs Nike ou Adidas. J’ai beau porter des baskets, je ne suis pas un brin dupe.

Mais si vous entendez parler d’un soirée canon comme celle-là, je suis partante, n’importe où, n’importe quand.

Ah, marketing, quand tu nous tiens…

K.

Résolutions…

janvier 4, 2009 par teenagek

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Je m’étais promis de ne plus en faire.

C’était ma dernière résolution en fait, ne plus prendre de résolutions. Ce qui est stupide, je vous l’accorde. Un peu comme “il est interdit d’interdire”, ou demander au génie de la lampe d’avoir des souhaits illimités. Aucun rapport en fait, pardon.

Mais pourtant, chaque année, je ne peux pas m’empêcher de passer une sorte de contrat moral avec moi-même, contrat que je n’arriverai forcément jamais à remplir, comme d’habitude. Et en fin d’année, comme chaque année, je ne pourrai que constater mon nouvel échec cuisant face à mes contraintes non respectées.

Que voulez-vous, on ne se refait pas. C’est totalement contradictoire avec les résolutions d’ailleurs, mais on aime bien se faire un peu de mal, se prouver chaque année qu’on est vraiment un bon à rien, sans volonté, sans jugeotte. Et c’est ça qui est bien. Voir que l’on ne peut pas être parfait, s’assurer une fois tous les douze mois qu’on n’est toujours pas un super-héros, mais toujours le même être humain, avec ses failles, ses faiblesses. Qu’on est soi-même, quoi.

Voici donc les résolutions que je m’engage à ne pas tenir cette année, faute de force morale :
- arrêter de fumer
- arrêter de boire
- arrêter de ragoter
- mettre de l’argent de côté en vue d’un futur hypothétique
- arrêter de lire des BD et les remplacer par l’intégrale de Proust, par Rousseau et Kant
- ne plus passer des heures sur mon ordi comme une geek
- arrêter de manger comme si c’était mon dernier repas sur Terre

Et vous savez pourquoi je ne ferai pas tout ça? Parce que je n’en ai aucune envie. Mon nouveau mot d’ordre, inspiré par mon badge fluo du Nouvel An au Delicatessen rue de la Soif, restera celui-là : “BE FUN”. Et toute la liste précitée n’est pas super fun.

Voici la liste des choses fun que je m’engage à faire, juste parce que je veux prendre des résolutions qui collent bien à mon nouveau motto :

- sortir plus
(même si ça veut dire manger, boire et fumer encore plus)
- m’évader de Paris dès que possible pour des week-ends avec des non-parisiens voire même des non-français
- bosser plus
(parce que j’aime ça, mine de rien)
- me laisser porter par mes sentiments, même si ça signifie me faire briser le coeur dix fois par an
- voir ma famille plus souvent, et leur dire des choses vraies

Ca ne remplit pas forcément une année complète, mais pour le reste on avisera.

En un mot, on a qu’une vie, vivons-la pleinement.

Carpe Diem, my friends.

K.

Rennes Express 2009

janvier 3, 2009 par teenagek

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Etant donné que l’année 2008 a été une suite d’emmerdes et de désillusions, je me suis dit qu’il convenait d’accueillir l’année 2009 comme il se doit, histoire de se la mettre dans la poche. Parce que deux années pourries de suite, c’est juste pas envisageable.

Me voilà donc partie en train pour Rennes, pour un séjour express de 24 heures à peine, avec au programme… en fait je n’en savais pas grand chose du programme. Besoin de me changer les idées, de sortir de ce Paname complètement vidé de sa populasse pendant les fêtes, et très envie de voir mon cher petit cousin. Petit cousin qui fait deux têtes de plus que moi, pas vu depuis 2 ans, et comme nous avons tous les deux passé les fêtes en bons losers dans nos villes respectives, il était temps de se faire un petit événement familial.

De familial, l’événement n’avait que le nom en fait.

Arrivée à la gare de Rennes, à peine le temps de fumer ma clope que me voilà embarquée en bagnole pour un dîner de potes un peu plus loin. Ceux qui me connaissent en conviendront, je ne suis pas la personne la plus sociable au monde. Ni la plus à l’aise en société. Attention, exercice de style. En arrivant, savoir être souriant, serviable, ouvrir les huîtres jusqu’à ce qu’on vous arrête parce que vous ne savez pas vous y prendre, picoler un max dès le départ pour se détendre, et voilà, la soirée est partie et bien partie.

Les potes de mon cousin sont cools, c’est déjà un bon point pour passer une chouette soirée. Ils ont cuisiné une bonne partie de l’aprem pour se faire un dîner de réveillon digne de ce nom. En fait je suis assez impressionnée : crevettes marinées, huîtres donc, daube de chevreuil, fagots de haricots verts au lard, et en dessert le must, une vraie bûche faite maison, la première de ma vie je crois. Bref on s’en met plein le ventre, et c’était plutôt conseillé pour éponger ce qu’on s’était mis dans le gosier. A deux heures du mat’ on se souhaite la bonne année. J’ai en tout et pour tout reçu trois textos, dont un en avance de 3 heures de la part de mon frangin, et deux textos collectifs, comme je les aime, de gens que je vois une fois l’an. A Noël c’était merci la famille, au Jour de l’An c’est merci les amis…

A trois heures je me dis que tout le monde va aller se coucher, mais que nenni. A Rennes, il y a les bars, puis les bars de nuit, puis les boîtes de nuit. Et il est impensable de ne pas faire les trois dans la même soirée. Pétard, ça s’annonce alcoolisé tout ça…

Deux bars, deux bars de nuit et une boîte de nuit plus tard, je regarde mon téléphone, toujours pas de textos, mais il est 8h30… Ils savent faire la fête ces Rennais, la vache. Je suis bien alcoolisée, mais à en croire les bégaiements de mes camarades, je ne suis pas du tout la plus attaquée. Il nous reste encore une demie-heure de marche jusqu’à nos pénates, pile poil le temps de perdre 6 phalanges parce que j’ai voulu faire ma belle gosse et porter des mitaines au lieu des bonnes vieilles moufles. A 9 heures, le soleil n’est toujours pas là. Drôle de pays quand même. Je me couche absolument pas fatiguée, j’en viens à douter qu’il est si tard, je pourrais attaquer la journée sans problème et sans sommeil.

Je change un peu d’avis en me réveillant à 16 heures. J’ai une sacrée barre au crâne, et je pourrais dévorer un boeuf. Pas de problème qui n’ait sa solution, la bande de potes arrive une heure plus tard avec un gigantesque Mc Do. Ils savent faire la fête, et ils savent aussi recevoir un lendemain de cuite. Je les choisis immédiatement comme meilleurs amis du monde et me jette sur un Mc Deluxe dégoulinant de graisses en tout genre.

Quelques heures plus tard, je suis déjà sur le quai de la gare à faire la bise à mon cousin.

En arrivant à la gare Montparnasse, les brumes du sommeil m’enveloppent encore un peu, restes de ma petite sieste dans le train. Je me dis tout à coup que peut-être tout ça n’était qu’un rêve un peu étrange comme il m’arrive d’en faire. L’alcool, la perruque rose de mon cousin, les mecs bourrés en boîte. Pas impossible…

Je sens dans ma poche un objet rond et mou, inconnu. En ouvrant la main qui le tient, le sourire me revient aux lèvres. “Be fun”, me dit mon badge fluo encore trempé de vodka.
Et ce sera ma devise pour cette nouvelle année.

K.

Mon Légionnaire – aka “Où est Charlie?”

décembre 28, 2008 par teenagek

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La dernière fois que j’ai vu mon légionnaire, c’était il y a plus d’un an. A l’époque il n’était pas encore légionnaire mais animateur sportif. Comment passe-t-on de l’animation pour les 5-12 ans à la maîtrise des armes? Je ne sais toujours pas, et je n’ai toujours pas compris non plus.

Nous nous voyions le printemps arrivé, quand la saison sportive cessait et que commençaient les tournois mixtes. Nous nous entendions bien sur le terrain, nous nous entendions encore mieux par ailleurs.

C’est donc naturellement que je décrochais mon téléphone en mai dernier, pensant qu’il voulait me proposer un petit tournoi entre potes, comme d’habitude quand il m’appelait. Cette fois c’était pour m’apprendre qu’il s’était engagé 8 mois plus tôt dans la Légion Etrangère, et ce pour 5 ans. Je n’en revenais pas. Je l’avais toujours vu comme quelqu’un de calme, un peu timide et sociable pourtant, aimant la vie. Je ne voyais dans tout ça aucun rapport avec l’idée que je me faisais de la légion. Fausse idée, peut-être bien.

Ca fait maintenant plus d’un an et demi que nous ne nous sommes pas vus, mais nous avons gardé un contact plus qu’irrégulier via facebook, MSN et ce genre de conneries.

Et aujourd’hui, en revenant de la lointaine banlieue de mon oncle après un déjeuner et un thé devant la cheminée, je me rends compte dans mon RER pourri que deux stations plus loin habite mon légionnaire. Et qu’il est en perm depuis 1 mois à Paris. Et également que je n’ai pas daigné retourner ses appels ces quatre dernières semaines, trop occupée par mon boulot, trop préoccupée par mes petites histoires personnelles. Plus qu’une station avant d’arriver, je me dis qu’il est peut-être dans les parages et que ce serait vraiment chouette de passer le voir un peu ce soir.

Je compose le numéro de ses parents, car un légionnaire n’a ni portable ni maison à lui, ça ne sert à rien. Je tombe sur une dame, probablement sa mère, qui me dit qu’il est parti prendre son train. Elle me demande gentiment si je veux laisser un message, mais je réalise combien il doit être étrange pour une maman de recevoir des appels de jeunes filles qu’elle ne connaît pas demandant après son fils.
En raccrochant, je me rends compte tout à coup que je viens de le rater pendant un mois entier, et que le jour où je pense enfin à lui passer un coup de fil pour le voir, c’est justement celui qu’il a choisi pour repartir dans sa base, et ce pour 4 mois au moins. Arrivée à la station de mon légionnaire, je passe la tête par la porte, espérant qu’il prendra peut-être le même RER pourri que moi pour aller à la gare. Aucune trace.
Je me rassieds sagement sur mon siège, et en regardant le plan de ligne je m’aperçois que je passe par la Gare de Lyon, qui dessert le sud de la France. Je repense aux derniers mois, à lui qui était prêt à se taper 14 heures de train aller retour pour passer une soirée de perm avec moi à Cannes. A son sourire, à sa gentillesse, à son calme.

Peut-être que j’ai encore le temps de le voir 5 minutes avant qu’il ne prenne son train? Je fonce à la Gare de Lyon, et je me sens un peu perdue en arrivant dans le hall bondé. Des centaines, peut-être même des milliers de personnes se bousculent devant le panneau des trains au départ. Un cri d’effroi s’échappe de mes lèvres. Je ne sais même pas dans quelle ville se trouve sa base, ni même dans quel coin. Je sais juste que c’est dans le Sud, et que c’est loin de Cannes…
Je fais un premier tour de la salle, cherchant un jeune homme au teint pâle, les cheveux rasés, probablement un sac militaire sur le dos. Au fond je n’en sais rien, je ne suis même pas sûre de le reconnaître, ça fait plus d’un an que nous ne nous sommes pas vus, et je sais simplement qu’il a beaucoup minci.

Je repère un peu plus loin un jeune mec aux cheveux rasés, sac militaire sur les épaules. Puis un deuxième, un troisième. Je décide de suivre le premier vers le quai de départ de son train, et je me plante là, au bout du quai, et je commence à scruter les visages qui s’avancent vers moi. Une foule pressée me submerge, je fixe tous les visages un par un, presque sûre d’en rater la moitié. La tête me tourne, je n’y vois pas grand chose pour couronner le tout.

J’entends le train qui finit par partir derrière moi. Mauvaise piste. Je retourne près du tableau des départs, je sens que j’ai l’air un peu louche, paumée dans cette gare, regardant partout depuis 20 minutes, tournant en rond devant le panneau. Je réalise alors que la gare est pleine de militaires, sapeurs pompiers, marins, en fait tout le corps militaire français semble s’être donné rendez-vous ici pour regagner ses pénates. J’hésite un moment à demander à quelques têtes rasées s’ils ne sont pas légionnaires, et s’ils ne connaissent pas le mien par hasard. Mais c’est un peu pathétique, je ne me sens pas le courage. Qui d’autre que moi pourrait bien arriver dans cette immense gare un dimanche soir, à la recherche de quelqu’un qui ne l’attend pas, et dont on ne sait même pas s’il n’est pas déjà parti une demie-heure plus tôt… Je songe un instant à rappeler la mère de mon légionnaire, mais je ne veux pas lui faire penser que son fils a des relations douteuses avec une nana complètement jetée…

Et tout à coup, je le vois, là au milieu de la foule. Il m’a repérée, me fait un grand sourire, et s’avance vers moi. Il n’a pas beaucoup changé finalement, il est juste un peu plus mince, mais toujours aussi souriant…
… Nan, je peux pas vous faire ça. C’est pas vrai, je l’ai pas trouvé. Comme une scène de film romantique mais sans le happy end.

Quatre autres départs de trains plantée sur le quai à me geler sévère. J’ai fini par regagner le métro, dépitée, un peu honteuse.

Je me demande si sa mère ne voulait pas tout simplement dire qu’il était parti prendre un train de banlieue pour rejoindre des potes à Sarcelles ou je ne sais où. Et je me sens encore plus stupide.

Au total, une heure passée à me faire reluquer par des types bizarres au beau milieu d’une gare à zéro degré. Teenage K craint degun.

K.

40 ans, toujours Nejo

décembre 22, 2008 par teenagek

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40 ans, c’est pas rien. Surtout quand c’est un pote qui les fête.

Plus qu’un pote, un coach, un merveilleux danseur, et aussi le seul black que je connaisse qui se tape des insolations.

Vendredi on a fêté les 40 ans de Nejo.
En le voyant pour la première fois en boîte, on se dit “mais putain les videurs ils sont chiés quand même de venir danser sur le dancefloor au lieu de faire leur boulot!”. Nejo fait deux têtes de plus que moi, facile, et à peu près le double de mon poids. Alors quel n’a pas été mon émoi quand la toute première fois je me suis retrouvée embarquée dans un zouk langoureux avec cette énorme masse ondulante…
Le truc, c’est qu’avec lui on ne peut que bien danser. On n’a pas le choix, puisqu’on est prise toute entière dans ses bras costauds, on se laisse mener sans broncher, et il fait de nous ce qu’il veut. Un pas à gauche, un pas à droite, hop en arrière, etc… Ca me rappelle toujours quand j’étais enfant et que je mettais mes pieds sur ceux de mon père et qu’il se mettait à marcher en me tenant les mains. On se sent à peu près aussi ridiculement petite, c’est vous dire.

En tous cas vendredi on était tous là, pas vraiment planqués derrière le canapé parce qu’on était quand même une bonne quarantaine, mais tous prêts à lui sauter dessus dès qu’il franchirait la porte. Parce que c’était un anniversaire surprise, forcément.
Parmi les 40 personnes amassées là je ne connaissais finalement pas grand monde, et en faisant le tour des visages je me demandais comment Nejo pouvait avoir autant d’amis prêts à venir risquer leur vie rue de Clichy pour lui souhaiter un bon anniversaire. Je me demandais aussi ce que donnerait mon anniversaire à moi si on me faisait la surprise, jusqu’à quel point mes quelques amis proches rameraient pour remplir ne serait-ce que 15 mètres carrés de gens qui m’apprécient autant.
Au mur, une peinture d’un pote, représentant notre Nejo et son légendaire “Wow, wow”, un peu sa réplique favorite dans pas mal de situations. Quelle serait ma réplique à moi si on faisait un dessin pour mes 40 ans? Je sais pas. Oui, ce serait “je sais pas”. Ceux qui me connaissent suffisament ne pourront qu’être d’accord.

Une heure après notre arrivée à tous, l’ambiance est cool, avec un petit bémol toutefois sur la musique, passée sur Deezer en bons losers, orchestrée par Maxence. Mon Ipod tout blanc tout propre est posé là, à côté de l’ordi, bien bien inutile. A croire qu’on n’a pas confiance en mes goûts musicaux…

On a déjà bien bu, je tente de temps en temps de me sentir un peu à l’aise en société, pas mon fort, je fume bien entendu clope sur clope comme toujours dans ces cas, et je vois au loin Xman à qui j’aimerais bien parler un petit peu quand même un jour. Il est très occupé à faire les bénéfs de la soirée. Et que j’encaisse la dime, et que je note tout ce petit monde qui passe, une vraie ouvreuse de ciné. Il n’a pas vraiment l’air de s’amuser en même temps, je sais bien que l’organisation c’est pas son truc, ça ne va pas commencer ce soir.

L’ombre se fait tout à coup dans la pièce, je crois à une éclipe mais je réalise que c’est pas possible, il est 22h, le soleil est déjà couché depuis 5 bonnes heures sur un Paris morne et bien froid. Et là j’entends le fameux “Wow, wow!”. Nejo vient de faire son entrée, et d’après la tête qu’il fait, la surprise est plutôt réussie.

Il commence par regarder la foule, incrédule, puis se passe la main sur le crâne, les yeux écarquillés, la bouche ouverte. Il scrute tous les visages, et on sent qu’à chaque nouvelle personne repérée il croit de moins en moins à ce qui est en train de lui arriver. Il finit par se mettre à genoux, comme un footballeur ayant marqué son but, mais avec une incrédulité hallucinante dans les yeux. Comme un joueur de l’OM, alors.
Et puis on voit les yeux qui brillent, et ce grand gaillard de 40 ans se met à pleurer. Et ça, ça fait tout bizarre.

Joyeux Anniversaire mon Nejo.

K.

Chanté Nwel

décembre 19, 2008 par teenagek

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Je parie que pas un quart d’entre vous ne sait ce qu’est le Chanté Nwel.

Je ne vais pas faire la maline, moi-même je n’en avais aucune idée hier encore.
Alors voilà, le Chanté Nwel c’est une tradition antillaise bien sympathique qui consiste à se retrouver entre amis, en famille, comme on veut, pour célébrer un peu avant l’heure les fêtes de Noël. Tout simplement. Enfin presque. La difficulté consiste à chanter des chants religieux sur du zouk ou des tempos antillais. Très étrange tout ça, j’en conviens.

Pourquoi je vous parle de ça? Parce que j’ai assisté au premier Chanté Nwel de ma vie, et je vous assure, on en ressort un peu différent…

J’ai l’habitude de me coltiner pas mal de soirées pour de la promo dans mon boulot. Ce soir, donc, me voilà partie, toute pimpante dans ma robe noire, chaussures rouges aux pieds façon Dorothy, pour le Bataclan. Je devais y rejoindre sur place l’équipe antillaise d’un film (à aller voir d’ailleurs dès le 25 mars), histoire de faire parler un peu de nous auprès de la communauté.
En arrivant devant la salle, je me sentais un peu comme quand je passe devant le Titan ou l’Apocalypso: pas à ma place.
Tout le monde a l’air plus cool que moi, plus sympa, et surtout je dénote un peu avec mon teint blâfard de semaine et mes cernes sous les yeux. Les nanas sont ravissantes, grandes tignasses foncées, sourires géants et éclatants, fesses rebondies. J’ai l’impression d’être la bonne grosse normande qui s’est trompée d’adresse. Les vigiles me regardent comme si je n’étais pas là, ils ne me regardent pas, donc. Par bonheur je repère mon contact sur place, qui s’empresse de me faire entrer.

Dans le hall, j’entends déjà de l’autre côté des portes battantes le brouhaha d’une foule pleine de bonne humeur. Et en poussant effectivement les portes, je me retrouve plongée aux Antilles. Je n’y ai jamais mis les pieds, mais c’est exactement comme ça que je les imagine. Concert antillais, tout le monde se dandine, mange, boit du punch. On me tend à l’entrée de la salle un petit livret blanc contenant les précieuses paroles des chansons qu’il faudra bientôt tous chanter en choeur. Je n’ai jamais été fan des chants religieux, mais à en juger par l’ambiance, on se rapprocherait plus d’une église orthodoxe chantant du “Happy day, when Jesus washed my sins away” que d’un pauvre Ave Maria chevrotant.

Mais j’étais encore loin du compte. Je rejoins mon équipe de film, tout sourire comme d’hab, et me voilà cette fois vraiment plongée dans un autre monde. Le présentateur parle à moitié français à moitié antillais, je n’y comprend pas grand chose mais je commence à avoir la banane, je ne sais même pas pourquoi. Tout le monde est de si bonne humeur.

Je finis par faire comme tout le monde, je me jette plus ou moins sur le buffet (avec une grande distinction quand même), et aux premières bouchées de brochettes de poulet le sang me monte à la tête, ma langue se consume littéralement dans ma bouche.

Montent sur scène un chanteur et ses choristes, une dizaine de musiciens, et c’est parti pour deux heures de chansons.

Je quitte la soirée la bouche en feu, les hanches qui me démangent, et d’une humeur absolument merveilleuse.

Je l’aurai eu mon Noël finalement. Un peu en avance, certes, mais putain ça valait le coup.

K.

A lousy Christmas and a crappy New Year!

décembre 17, 2008 par teenagek

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L’an dernier, Noël dans ma famille c’était super chouette.
Voyage à Marrakech, une semaine de farniente, de souks, de thé à la menthe dans le patio du magnifique riad… Non, vraiment, c’était des super vacances. Je le sais, parce que j’ai vu les photos que m’ont montré mon frangin et ma mère en rentrant. Moi, pendant ce temps là, je galérais toute seule comme une pauvresse dans mon petit bureau parisien. Pas de vacances, pas de thé à la menthe.

Et cette année, ça s’annonce pas terrible non plus. La millefa est dispatchée aux quatre coins de la France, le frangin encore en voyage à l’autre bout du monde. L’année 2008 a mal commencé, pas de raison qu’elle se finisse mieux. La boucle est bouclée comme on dit.

Donc un Noël devant les programmes télé de TF1, avec mes chats, comme une bonne vieille mégère célibataire. Il paraît qu’ils font une émission où tous les animateurs sont déguisés en super-héros, ça s’annonce plutôt bien. Je me ferai un petit cadeau de Noël à moi-même, très certainement “La Naissance des Pieuvres” que je voulais m’acheter en DVD depuis un moment, mais je me fais la surprise, ne m’en parlez pas s’il vous plaît.

Le Jour de l’An pas mieux, pas un chat à Paris. Je me vois déjà connectée sur facebook à minuit le 31 au soir, la seule en ligne très certainement, mettant à jour mon profil juste pour dire “5…4…3…2…1…. Bonne année!”
La loose, quoi.

Je fais vraiment pauvre petite chose quand je relis ce que je viens d’écrire, mais ça apprendra à ma famille à me laisser toute seule pendant les fêtes.

Il ne me reste plus qu’à réécrire mes  résolutions pour 2009. A priori les mêmes que l’année dernière puisque j’ai échoué dans tout ce que j’avais résolu pour 2008.

Allez, bonnes fêtes à vous aussi!

K.

Moleskine nightmare

décembre 13, 2008 par teenagek

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En ce magnifique samedi après-midi, pluie, froid, nuit à 17h, je me suis assise à mon bureau pour remplir mon agenda Moleskine 2009 de mes rendez-vous déjà bookés.

En achetant un Moleskine, on ne peut ignorer l’emballage en plastique et ces quelques mots “Moleskine is the legendary notebook used for the past two centuries by great artists and thinkers, including Van Gogh, Picasso, Hemingway and Chatwin.”

J’ai regardé mon agenda de l’année à venir, j’ai feuilleté ses pages pour l’instant quasi vierges, et une pensée effrayante m’est venue.

Mêmes rendez-vous hebdomadaires, mêmes entraînements de volley mardi et vendredi, auxquels je sais déjà que je n’aurai pas le temps d’assister, mêmes matches tous les week-ends, déplacements au Chesnay, à Melun, dans le trou du cul de l’Ile de France, mêmes sorties de films, mêmes anniversaires. Mon agenda 2009 est exactement le même que celui de l’année qui vient de s’écouler, en cuir noir, un peu plus neuf certes, mais avec toujours les mêmes pages et les mêmes cases à remplir, indéfiniment.

En arrivant au mois de décembre 2009 et en voyant ma réunion hebdo du lundi 14/12/09 déjà notée noir sur blanc, l’angoisse m’a saisie tout à coup. Je me suis vue dans un an jour pour jour, assise à ce même bureau, remplissant mon agenda 2010 avec des choses exactement similaires, sans me rendre compte que je venais de passer deux années complètement identiques, sans surprise.

C’est peut-être tout simplement la peur du temps qui passe, mais je crois surtout que c’est la trouille de ne pas bouger, de ne pas vivre autre chose que ce qui sera planifié dans les pages de ce gros carnet noir, qui me semble maintenant bien menaçant. Et si ma vie se résumait à ces réunions et ces entraînements? Avec quelques fois un anniversaire, tous les ans le même, la même fête avec les mêmes amis.

Où est donc la place dans mon Moleskine pour un voyage de 6 mois qui m’emmènerait n’importe où, à travers tout le continent américain, au Japon, en Afrique? Où est la place pour un pétage de câble qui me propulserait loin de tout ce train train pendant un temps indéfini? Quelle marge de manoeuvre est-ce que je peux bien avoir avec ce foutu Moleskine dans mon sac, me disant chaque jour ce que j’ai à faire, m’obligeant à tout planifier, à tout organiser…

J’ai remarqué depuis un certain temps que dans mon entourage professionnel tout le monde se munissait du même gros carnet, remplissant les mêmes pages des mêmes mots, des mêmes réunions que nous avons en commun. Et je me suis rendue compte que je n’existais pour certains que par mon nom inscrit impeccablement dans un agenda, avec un horaire et un lieu de rendez-vous proprement posés à gauche, dans une marge imaginaire… Tout comme ils n’existent pour moi que de cette exacte même façon.

Là tout de suite je rêve de déchirer ces ennuyeuses pages, de brûler la couverture cartonnée noire, de prendre mon sac et de foncer à l’aéroport pour une destination inconnue.

Ca ira mieux demain, j’ai match de volley à 14h.

K.

Coup de foudre express

décembre 12, 2008 par teenagek

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Je suis tombée amoureuse. Raide dingue. Sa voix, son minois, ses petites danses façon gangsta.

Elle s’appelle Lykke Li, et je l’ai vue pour la première fois en concert au Trabendo.

Un ami m’avait parlé d’elle, et quelques heures plus tard j’étais sur Itunes pour acheter son album. Deux jours plus tard, j’avais acheté les places pour aller la voir chanter. Comme je ne fais pas les choses à moitié, j’ai écouté non stop son album pendant les deux petits jours qui me restaient avant le concert. Le matin, en allant bosser, le soir avant de me coucher, la nuit quand j’avais du mal à dormir. Et je suis tombée sous le charme de cette petite suédoise de plusieurs années ma cadette.

Je tiens à rassurer mes parents, il s’agit là d’un coup de foudre musical. Vous les aurez, vos petits enfants.

Mardi soir, je n’en peux déjà plus d’attendre cet instant que j’ai rêvé pendant deux longs jours. J’ai en tête tous ses morceaux, je connais par coeur mes deux préférés, je suis fin prête.

Le Trabendo, c’est chouette, mais c’est quand même en plein milieu du Parc de la Villette, et ça, ça craint. Les rares fois où je m’y étais aventurée je m’étais toujours faite emmerder par des mini gangs de pauvres types désoeuvrés, sifflant les nanas, les suivant sur quelques mètres, poussant des beuglements de bête en rut. Charmant.
Mais ce soir, à ma grande surprise, je ne vois que des familles avec des enfants de moins de 8 ans. Merde, elle est si jeune que ça, Lykke? Ce serait quand même pas la Lorie suédoise?
Au bout du chemin, le Zénith, et à l’affiche un spectacle niais genre Oui Oui et le Train. Je suis un peu plus rassurée sur mes goûts musicaux, c’est vrai, j’étais un peu inquiète que personne n’ait jamais entendu parler de cette fille au bureau.

Une fois à l’intérieur, bière à la main, j’attends, haletante, l’apparition de la tant désirée. Le groupe de la première partie n’est pas mal, trois petits franchouchous qui se prennent pour des anglais, mimis, avec des coupes de cheveux improbables. Les trois frenchies quittent enfin la scène, la lumière s’éteint, et apparaît devant nous la cutest suédoise jamais vue.

Une heure et demie d’un concert parfait, trop court, qui me laisse rêveuse et pleine d’énergie.

Mais je vous laisse juger.

K.
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Soirée naphtaline

décembre 10, 2008 par teenagek

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Ce que j’aime bien chez mon grand père, c’est que je ne le vois quasi jamais.

Je sais, ça peut paraître méchant, mais passez une soirée avec lui et vous comprendrez.

RDV à 18h30 pour l’apéro (c’est quoi ces horaires?) chez ma cousine avec la millefa. Arrivée au pied de l’immeuble, j’appelle pour connaître le code, et on me répond par un souffle d’atroce souffrance “à l’aide!”. OK, elle est coincée toute seule avec le papy, je suis la deuxième arrivée…

Le temps de monter les 6 étages à pied, et j’arrive, ruisselante et déjà crevée, à ce qui allait être une soirée certes courte, mais limite angoissante.

Petits fours, champ’, la cousine fait les choses bien. Mais côté discussion ça coince un peu. On passe en revue les épisodes glorieux du grand-père : barres asymétriques, course à pied, rien ne nous est épargné. Ah oui, je ne vous avait pas dit, mon papy est resté coincé en 1940. Ou quelque chose comme ça. De toute façon impossible d’obtenir une date ou quelque repère que ce soit, on sait juste que c’était il y a longtemps parce qu’il est vieux.

Après 60 effroyables minutes de warm up chez Nat Pac, direction le restaurant le plus glam de Paris, La Tour de Pise. Attendez, je vous dresse le tableau : lumière glauque, nappe à carreaux, serveurs même par italiens (Luigi? Mouais…), une bouteille de vin posée sur la table en exposition pour vendre la piquette aux clients. Jamais vu ça, même du fin fond de ma province. Au moins, nous on avait des vrais ritals.

Tout bien installés qu’on est, super serrés autour d’une table ronde dans un coin sombre du restau, Luigi vient vers nous et nous présente les vins, les plats, dans un italien très douteux. Fond sonore : Toto Cutugno. A cet instant, je rêve de savoir parler italien pour lui balancer une phrase bien sentie, à la Mouth dans les Goonies. Sûr qu’il se trouverait bien idiot, tiens.

La discussion n’a pas bougé depuis tout à l’heure, mon grand-père rit tout seul de sa voix rocailleuse. Il a plein de bonnes blagues, mais c’est dommage personne ne l’écoute. Le truc, c’est que tout le monde le connaît par coeur. Une fois qu’il a choppé ton regard, c’est fini pour toi. Plus moyen de t’en sortir. Il te happe, te raconte toute sa vie depuis 1923, et là tu n’as plus le choix. Parce qu’il ne laisse pas tomber l’affaire, non! Si tu as le malheur de regarder ailleurs, tu es rappelé à l’ordre dans les 5 secondes, la voix s’élève, il rit de plus belle, tout le monde alentour a les yeux rivés sur la table familiale, et alors tu baisses les bras et tu te replonges dans les souvenirs relous.

Le plat arrive, pasta tièdes et molles, sauce bolognaise Buitoni. Je regarde autour de moi, à la recherche d’une aide quelconque, et tout ce que je vois c’est l’écran de télé qui nous fait face, avec comme programme les accidents de sport les plus spectaculaires. Ca, ça plaît à mon papy, qui rigole dès qu’un pauvre quidam se crashe en bagnole sur la foule. J’ai envie de pleurer, je ne sais même pas pourquoi je suis là, si c’est son anniversaire ou je ne sais quoi, mais j’aimerais bien fuir à l’autre bout de la ville, loin du restau miteux et de ses lampes déprimantes.

Tout le monde a l’air crevé, ma tante, ma cousine, mon paternel, et je sens monter en nous tous la même hâte d’en finir. Le serveur revient à la charge pour le dessert. Tout le monde se met vite fait d’accord pour ne rien prendre, même pas un café, mais papy a une grosse fringale. Il demande au serveur de la glace au whisky. Pour rire bien sûr. Qu’est-ce qu’on rigole.

Heureusement pour mon père, il a une excuse béton pour partir vite. Eh oui, sa fille préférée a un RDV  pour aller au ciné, et la pauvre, il ne va pas la laisser faire 200 mètres à pieds, il faut qu’il l’emmène en voiture!

20h45, le dîner a duré en tout et pour tout 1h15. Tout ça dans la joie et la bonne humeur. J’ai pu compter les mots échangés : au total 43.

Je ne veux pas devenir vieille et pas drôle.

K.

Smoke, smoke, smoke

décembre 10, 2008 par teenagek

You start to smoke a lot, a full pack of Lucky Lights each day.
It becomes a habit you kind of like. You take a white stick out, take a few long drags, watch it consume, then throw it away on the pavement, like any other rude parisian.

You don’t even smell it anymore, you don’t even have a clue you’re all covered in its filthy odor. You can’t see that your teeth will soon turn yellow, or that you’re slowly losing any other taste in your mouth. You just get used to it. You don’t love it, but it’s okay, it passes time.

And then, on a beautiful morning, you wake up and grab this old friend of yours, stick it between your lips, as any other morning.
At first you don’t really understand what’s going on, you just feel fine. Just perfect. You can feel your cigarette as never before. You don’t watch it consume, you admire it. The light at its end, the white paper so thin and soft, the smoke coming out of both ends, it’s fucking beautiful. You enjoy it so much. You’re fullfilled. The taste, the smell, the sensations, the vision of it, everything seems to match perfectly with this cold and sunny winter day coming.

And without you even noticing, the cigarette’s all consumed. It feels like it lasted only a second. You don’t want to throw it away, it tasted so good. You realize you just had the greatest few drags of your short life. You keep the filter between your fingers for a moment, kind of hoping the feeling will last a bit longer. But it doesn’t.

You end up lighting another cigarette, thinking maybe it was just the moment that was so great, maybe it was not the cigarette after all, but just the way you felt this morning, the sun, the icy windows of your appartment, the music you played on your Ipod before taking it out of the pack. So you light another one, to keep the moment intact.

But you know right away it won’t taste the same. Nothing is as good as with the other one. And you just stub it out before you’ve even taken two drags. You feel a bit weird about it.

For a few hours, a few days, anytime you take out a Lucky Light, you think maybe this is the one, maybe it will make you happy again. But it doesn’t.

You hesitate a bit. Should I stop smoking now, because I’ll never find the same sensation ever again? You know it would be better to stop anyway, that you’d feel better off as a non smoker.

But you just keep trying.

K.

Au radar

décembre 5, 2008 par teenagek

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Ce qu’il y a de bien quand on passe une nuit quasi blanche, c’est qu’on se croit toujours plus fort que les autres.

A 6h du mat’ on regarde sa montre et on s’écrie gaiement “Ah mais c’est bon, j’ai rendez-vous dans 3 heures au bureau, j’ai trop le temps!” avant de se resservir un bon gros verre de rhum.

Quand on s’étale enfin sur le lit à 7h pour faire une petite sieste, on pense tout simplement à cette histoire à la con du mec qui dort assis avec une cuillère à la main, pour être sûr de se réveiller 5 minutes plus tard en entendant la cuillère tomber. Sauf que le mec en question s’est fait une bonne nuit avant et qu’il a juste besoin d’un petit quart d’heure de digestion un peu difficile pour les méninges…

Et à 8h, quand le réveil sonne, l’enfer commence. La tête dans le cul, les yeux hagards, une mine de revenante, on réalise ô combien trop tard qu’il fallait soit se coucher 6 heures plus tôt,  soit ne pas dormir du tout.

Et on part comme ça, pas maquillée, les cheveux en bataille, en se disant qu’on tout aura le temps de se réveiller dans le métro. Mais on ne se réveille jamais. Jamais, je vous dis.

La première réunion se passe plus ou moins bien, on commence à avoir la vue trouble, on a méchament faim et on sait qu’il faut manger pour absorber tout l’alcool ingurgité la veille. Sauf qu’on est partie pour une réunion de 2 heures et qu’on n’est pas prête de se poser devant un bon gratin d’aubergines. Alors on suit vaguement, la tête posée lourdement sur la main, en attendant que ça se passe…

Et puis finalement quand l’heure du déj arrive on n’a pas faim, pas seulement parce qu’on a asséché son paquet de clopes en une matinée pour rester debout, mais juste parce qu’on a la nausée et qu’on a juste envie de mourir sur place.

Deuxième réunion, on se retrouve à devoir parler. Le test fatal. On se demande si on ne va pas s’endormir tout bêtement au beau milieu d’une phrase devant les 15 personnes qui vous fixent. Mais non, on se surprend à pouvoir articuler presque un mot sur quatre. Ce qui n’est pas si mal finalement…

Les heures prennent l’allure de semaines, on se rend compte que c’est vendredi et qu’on n’a plus que quelques heures à tenir, mais rien n’y fait, les yeux commencent à gratter dans les orbites, on a la bouche pâteuse, les jambes qui flanchent. On est presque au bout du rouleau.

Et puis vers 18h, on s’endort comme une merde sur une chaise devant son boss, qui ne remarque absolument rien. On se réveille dans un sursaut, un petit cri bien aigu au bout des lèvres. La bave à la commissure n’y est pas, mais on n’est pas loin quand même.

La fin de la journée n’est pas encore arrivée qu’on se dit que c’est la dernière fois qu’on nous y prendra.

Mais on sait pertinemment qu’ on est prête à remettre ça, le soir même, sur un simple coup de fil.

K.

Back from the dead

décembre 1, 2008 par teenagek

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Ma plus grande fan va être rassurée : Teenage K reprend du service.

Pas facile de soutenir le rythme entre boulot, dîners, histoires de coeur.

Et un matin, on reçoit un coup de fil qui nous dit “c’était bien tous les matins de pouvoir lire un peu des aventures de K. dans l’hostile vie parisienne”.

Devant cet adorable argument, impossible de fléchir. Alors me revoilà, back from the dead.

Aujourd’hui je me rends compte que je me suis un peu laissée bouffer par le boulot, et par là-même j’ai un peu entamé de mon capital sympathie auprès de mon entourage… Eh oui, quand on oublie l’anniversaire de sa mère, qu’on omet de féliciter un très très proche de son mariage civil, quand on est trop crevée pour aller à la soirée d’au revoir d’une très bonne pote qui a la chance de partir vivre à Marseille, je pense qu’on peut dire qu’on a un peu oublié l’essentiel.

Alors à tous, je vous demande pardon pour mon absence de ces dernières semaines, voire de ces derniers mois pour certains.

Je sais, ça sonne comme une très mauvaise excuse pour tous les appels manqués, les textos sans réponse et les invitations oubliées… Vous devez vous dire “impossible que Teenage K, du haut de ses 28 ans et de son mètre 65, avec son look d’ado, ait autant de travail que ça.”
Disons alors juste que je me suis très mal organisée. Assez mal pour oublier que ça fait tellement plaisir à ma mummy et à son docteur ès soufflage de verre de lire mes aventures sur ces pages.

Comme on revient au sport après un mois sans entraînement, je vais donc revenir petit à petit, pour ne pas risquer une foulure du cerveau.

Mais bonne nouvelle, Teenage K is back.

K.

Stupid girl

novembre 3, 2008 par teenagek

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Ce matin en me levant, il semblerait que j’étais décidée à vous concocter un petit florilège de conneries, bourdes et autres stupidités, rien que pour vous.
Tout ça en moins de 12 heures (record à battre).

Ne vous méprenez pas, je ne me lève pas comme ça en choisissant d’afficher toute ma stupidité en une journée chrono. C’est juste que parfois, en faisant le compte des actions effectuées entre le thé du matin et la dernière clope du soir, on réalise qu’on n’a pas vraiment brillé par son intelligence.

Alors, voilà, je vais vous résumer ma journée en quelques actions concrètes et bien choisies, des plus banales aux plus pourries. Ou si vous préférez, un petit mode d’emploi de la journée auto-flinguée.

Avant le boulot
- changer la litière de ces crétins de chats et se déverser l’intégralité du contenu qui sent la pisse sur les genoux, alors qu’on s’est pomponnée pendant une heure. Retourner à ses placards pour changer de fringues et ne pas faire penser qu’on a passé la nuit dehors dans le caniveau.
- en balançant le sac de litière enfin fermé dans la poubelle de l’immeuble, faire tomber ses clés avec, et lutter parmi les pelures d’oignon et les emballages de jambon (tiens c’était les miens) pour remettre la main dessus. Du coup, se changer une deuxième fois.
- lutter avec son sac, son portable et son Ipod en fermant la porte pour partir, et finir par s’enfermer dehors, les clés senteur poubelle bien joliment accrochées à la serrure de l’autre côté de la porte, c’est-à-dire à l’intérieur.

Dans le métro
- se disputer avec une mégère qui veut vous piquer la place assise que vous avez repérée, se précipiter dessus comme un chien affamé, puis réaliser avec une lenteur exceptionnelle que la femme en question est enceinte de 6 mois et que vous êtes la seule conne à ne pas l’avoir remarqué. Tenter de lui céder votre place alors qu’elle est arrivée à sa station et baisser la tête sous le regard indigné des passagers de la rame.

Arrivée au boulot
- crier à tue-tête en entrant dans les locaux “salut les pédés!”, pour voir que derrière la porte d’entrée se trouve L., comédien et chanteur lyrique. Et gay, bien évidemment. Baisser la tête une nouvelle fois.
- passer un coup de fil hyper important à une nana pas marrante du tout, décrocher en même temps son portable qui sonne et raconter à sa copine en rigolant la dernière soirée arrosée, celle où on a vomi tout ce qu’on savait. Se rendre compte avec 6 trains de retard qu’on n’avait pas bien raccroché son téléphone fixe et que la nana pas marrante n’a pas du tout l’air amusée, à l’autre bout du fil.
- au cours d’une discussion, péter une durite et se croire très drôle en lançant une réplique de film à un collègue : “Ta mère suce des b…. en enfer!”. Cette fois encore, baisser la tête en se souvenant que la mère de M. est décédée trois mois plus tôt.

Après le boulot
- dire par texto avec une grande classe  la fameuse phrase “je préfère qu’on reste amis”, à quelqu’un qui ne vous a même pas fait d’avances. Se sentir honteuse d’avoir cru que, et cette fois-ci encore, baisser la tête. Je sais, par texto ça ne se voit pas mais ça devient un réflexe.
- en rentrant à la maison, se faire une tartine de Nutella et se couper le doigt avec un couteau à beurre, foutre du sang partout dans la cuisine et hurler comme une demeurée pendant un quart d’heure. Etre quand même contente de ne pas avoir eu un couteau qui coupe vraiment parce qu’aujourd’hui on aurait été capable de se sectionner une jambe.

Qui a dit que j’étais intelligente?
Personne? Ah non, parce qu’un jour on m’avait dit que… non rien, tant pis.

Jamais été aussi contente de me coucher.

K.